FATIMA, film précieux

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Tranquillement, tel un artisan qui perfectionne son art, le cinéaste Philippe Faucon entre dans la cour des grands avec un film précieux, touchant et nécessaire, FATIMA.

Ayant fait ses classes comme régisseur sur les plateaux de Leos Carax et Jacques Démy, Philippe Faucon a toujours favorisé ces comédiens comme matière première de ses œuvres, tout ça dans des scénarios à hauteur d’hommes et de femmes.

Son 6e long métrage FATIMA, coproduit avec le Québec, est sans l’ombre d’un doute son plus abouti, où il dose habillement ce drame invisible tellement il est commun. Cette ménagère maghrébine monoparentale mère de deux grandes filles de 15 et 18 ans, tente tant bien que mal de leur offrir un avenir plus rose que le sien. Après un accident de travail, elle perfectionnera son apprentissage du français, tout en tenant un journal dans sa langue natale. Pour son scénario finement travaillé, Faucon s’est inspiré de deux livres de Fatima Elayoubi, Prière à la lune (2006) et Enfin, je peux marcher seule (2011). Il aurait pu très facilement tomber dans un insupportable mélodrame où s’enchaînent les clichés. Heureusement, il les évite en misant sur la solide performance de Soria Zeroual, qui mérite amplement sa nomination comme meilleure actrice à la prochaine cérémonie des César, aux côtés de vedettes telles Catherine Frot, Isabelle Huppert et Catherine Deneuve. Ce n’est pas rien.

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