48e FNC, mi-parcours

Mariage

Scarlett Johansson, & Adam Driver épatants dans MARRIAGE STORY de Noah Baumbach

Après 5 journées pleines et plus d’une vingtaine de films derrière la cravate, c’est déjà le moment de faire un survol du 48e Festival du Nouveau Cinéma. Année de transition au niveau de la programmation, les valeurs sûres ne déçoivent pas, mais les découvertes se font plus rares.

Vous trouverez mes courtes critiques des longs métrages A WHITE, WHITE DAY de Hlynur Pálmason, L.A. TEA TIME de Sophie Bédard Marcotte, PERDRIX d’Erwan Le Duc et SYNONYMES de Nadav Lapid dans mon texte précédent Vus et pas (encore) vus au 48e FNC.

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SANS FIN, la vie après la mort

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Avec SANS FIN, Krzysztof Kieślowski termine un cycle et en débute un nouveau à la fois. Juste avant d’entamer son ambitieux projet LE DÉCALOGUE, il propose son œuvre la plus explicitement politique, s’en prenant à la loi martiale décrétée par le général Jaruzelski en 1981, et il continue d’explorer les possibilités de la fiction, s’éloignant plus que jamais de son approche documentaire de ses débuts.

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LA CICATRICE, déconstruire le réel

«J’ai commencé par le documentaire. Je l’ai abandonné car tout réalisateur de document finit par percevoir les limites à ne pas transgresser, celles au-delà desquelles on risque de faire du tort à ceux qu’on filme. C’est alors qu’on ressent le besoin de faire des longs métrages.» Krzysztof Kieślowski

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Quel bonheur de revenir aux sources de l’un des plus fascinants réalisateurs du dernier quart du 20e siècle, le polonais Krzysztof Kieślowski. Il y a dans son premier long métrage de fiction LA CICATRICE, plusieurs éléments qui nourriront ses œuvres marquantes, particulièrement son colossal LE DÉCALOGUE : le devoir moral de ses personnages principaux, l’importance du hasard dans la vie des gens, la mince démarcation entre le bien et le mal et le poids des structures du système communiste polonais.

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TROIS COULEURS: BLEU, le prix de la liberté

Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette semaine est dédiée au cinéma de Krzysztof Kieślowski en revenant sur quelques unes de ses œuvres phares.

Du DÉCALOGUE à sa dernière trilogie scénarisée qu’il n’aura pas eu le temps de réaliser (HEAVEN de l’allemand Tom Tykwer, L’ENFER du bosniaque Danis Tanovic et NADZIEJA du polonais Stanislaw Mucha), Krzysztof Kieślowski avait pris goût avant la fin abrupte de sa carrière, à s’imposer un carcan formel pour ses œuvres. Si ses thèmes étaient des points de départ, il se permettait de les confronter, de les explorer dans toutes leurs nuances et significations. À ce registre, la trilogie BLEU, BLANC, ROUGE de Kieślowski, basée sur les trois termes de la devise de la France (« Liberté, Égalité et Fraternité »), est désormais une référence cinématographique, voir même un jalon de l’histoire du 7e art.

TROIS COULEURS: BLEU débute par cette roue filmée sous le véhicule, à ras l’asphalte bleutée. Ensuite une main d’enfant, sortie par la fenêtre ouverte à l’arrière, tient du bout des doigts l’emballage bleu d’une sucette virevoltant dans le vent. Quelques kilomètres plus loin, le drame se produit.  Suite au décès de sa fille et de son mari Patrice, célèbre compositeur, Julie seul survivante de l’accident apprendra le coût réel de sa soudaine liberté.

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Dans ce premier chapitre de cette trilogie tricolore, adroitement scénarisé avec son fidèle complice Krzysztof Piesiewicz, Krzysztof Kieślowski illustre la rééducation de cette femme à la vie, brisée par la mort de ses proches. Cette naissance d’une nouvelle « elle » se fera progressivement, en confrontant un passé qu’elle pensait connaître pour pouvoir vraiment être affranchie.

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LE DÉCALOGUE, 10 films sur la nature humaine

Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette semaine est dédiée au cinéma de Krzysztof Kieślowski en revenant sur quelques unes de ses œuvres phares.

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Œuvre librement inspiré des 10 commandements de la Bible, LE DÉCALOGUE de Krzysztof Kieślowski demeure l’un des grands accomplissements cinématographiques de la fin du 20e siècle. C’est dans le quartier Stawki en banlieue de Varsovie que sont tournés sur une période d’environ 12 mois en 1987 et 1988 ces épisodes d’une heure chacun pour la télévision polonaise. Mais c’est sur grand écran que le monde entier découvrira toute la puissance de ces histoires parallèles qui se côtoient et qui se complètent, seulement pour nous livrer un point de vue unique sur la nature humaine.

Ensemble dans un musée de la capitale de la Pologne devant un polyptyque du 15e siècle représentant les commandements, c’est le coscénariste Krzysztof Piesiewicz qui lance l’idée à Kieślowski de les actualiser. Avec une économie de moyen, sous le régime communiste de l’époque encore en état de choc de la loi martiale décrétée par le général Jaruzelski en 1981 (période d’environ 18 mois durant lesquels de nombreuses restrictions affecteront le quotidien des citoyens), le réalisateur, qui avait fait ses classes en documentaire à l’École nationale de cinéma de Łódź (où ont aussi étudié Polanski, Wadja et Skolimowski), adopte un style réaliste ancré dans le présent, qu’il ponctue de la délicate musique de son fidèle Zbigniew Preisner.

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LE HASARD, la possibilité narrative

Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette semaine est dédiée au cinéma de Krzysztof Kieślowski en revenant sur quelques unes de ses œuvres phares.

LE HASARD, c’est le titre du 3e long métrage de fiction de Krzysztof Kieślowski et aussi un thème clé dans l’œuvre du cinéaste polonais. Dans ce film, définitivement son plus politique, il a la volonté de démontrer sa confiance dans le libre arbitre de chacun, même au sein d’un système totalitaire comme l’était la Pologne en 1981. Est-ce vraiment un hasard que la version finale fut terminée la veille de la mise en vigueur de la loi martiale du général Jaruzelski suite à son coup d’état?

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Cette critique à peine masquée du régime communiste valut au film de Kieślowski 6 ans de censure. Mais au-delà du propos, c’est la trame narrative qu’utilise le réalisateur du DÉCALOGUE qui distingue son long métrage. Suite à la mort de son père, Witek abandonne ses études en médecine. Kieślowski propose alors trois possibilités de destin à son personnage, lorsque celui-ci tente sur le quai d’une gare d’attraper le train qui vient juste de quitter.

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L’AMATEUR, l’homme caméra

Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette semaine est dédiée au cinéma de Krzysztof Kieślowski en revenant sur quelques unes de ses œuvres phares.

Dans les années 70 en Pologne, de nombreux clubs de cinéastes indépendants ont été créés suite à l’influence de la Fédération du film amateur. Malgré la détermination de plusieurs, la qualité des courts métrages présentés laissait souvent à désirer. Avec L’AMATEUR, son 2e long métrage de fiction, Krzysztof Kieślowski illustre habillement toutes les facettes d’un homme voulant se dévouer totalement à son art…mais à quel prix?

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Difficile de ne pas voir dans le personnage de Philip (interprété par Jerzy Stuhr, comédien qui sera présent tout au long de la filmographie de Kieślowski, d’un épisode du DÉCALOGUE à TROIS COULEURS: BLANC) l’engagement total d’un jeune Kieślowski pour le cinéma. Et dans l’ensemble des questions que pose son film, une complexe réflexion sur notre rapport à l’image qui en émane.

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