LE SALAIRE DE LA PEUR, mettre en scène le danger

salaire-de-la-peur-1953-10-g

Au début du long métrage Le salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot, il y a la vie. À Las Piedras, ville fictive d’Amérique latine, le réalisateur français nous montre comment la population et les migrants allemands, américains et français cohabitent dans ce no man’s land où règnent la chaleur et un chaos contrôlé. Ensuite, il y a la mort, celle que transportent deux duos d’hommes dans leur camion plein de galons de nitroglycérine. Le tout nous donne un long métrage haletant d’un cinéaste au sommet de son art, capable de mettre en scène le danger en le domptant habilement.

Sorti en salles en 1953, Le salaire de la peur remportait alors l’Ours d’or au Festival de Berlin et la Palme d’or du Festival de Cannes (plus précisément le Grand prix du Festival international du film 1953, car la première Palme d’or fut décernée en 1955). Exploit exceptionnel désormais impossible, dû à l’exclusivité de chaque festival, Henri-Georges Clouzot s’attaquait à un grand succès en adaptant le roman du même titre de Georges Arnaud.

Lire la suite

La fille de DHEEPAN

Ce mauvais titre de critique est pleinement assumé, ayant pour seul but de comparer la Palme d’Or de Jacques Audiard, qui nous arrive enfin, avec le Grand prix du jury LE FILS DE SAUL, film exceptionnel du cinéaste hongrois László Nemes. Le coup de poing que nous avons reçu en début d’année, avec cette histoire de Sonderkommando tentant d’enterrer son soi-disant fils, allait-il vraiment être surpassé par le récit de ces trois réfugiés tamouls prétendant être une famille?

12525513_10153984640229203_2276850007495867531_o

Et aussi 9 nominations aux César 2106

Sans être supérieure, la première moitié de DHEEPAN est aussi réussie que celle de LE FILS DE SAUL. Contrairement à ses œuvres précédentes dans lesquels nous étions rapidement impliqués envers ses personnages (UN PROPHÈTE étant le meilleur exemple), Audiard développe habilement la psychologie de chacun d’eux et laisse les liens entre eux se tisser lentement, comme si la plaie de leur exil se refermait au fil du temps.

Lire la suite

TAXI DRIVER, plus pertinent que jamais

taxi-de-niro-martin-scorsese

Il y a 40 ans sortait en salles le percutant TAXI DRIVER de Martin Scorsese. Bon moment pour revenir sur l’importance de ce film et surtout sa pertinence, encore et peut-être davantage aujourd’hui.

Écrit par le scénariste Paul Schrader (et basé sur un vrai wannabe assassin qui avait fait les manchettes en 1970, Arthur Bremer), c’est le cinéaste Robert Mulligan (TO KILL A MOCKINGBIRD) qui devait au départ réalisé et c’est Jeff Bridges qui allait devenir Travis Bickle. Heureusement pour nous, Schrader a insisté pour que Scorsese se retrouve derrière la caméra et que Robert De Niro prenne les traits du vétéran de la Marine Bickle.

Lire la suite