DUELLES, ne pas être Chabrol

DUELLES d’Olivier Masset-Depasse ⭐1/2

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Le cinéma est un art de l’équilibre, et pour le cinéaste cela exige de savoir doser toutes les composantes de son oeuvre. Pour y arriver convenablement, ce dernier devra réussir à prendre un certain recul sur son travail, et grâce à cette distance, il pourra mesurer si certains éléments sonnent faux, voire même s’ils nuisent à l’évolution du récit. Avec DUELLES, Olivier Masset-Depasse signe un 3e long métrage qui bascule constamment, sans jamais réussir à rendre crédible cette descente en enfer.

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MIDSOMMAR, crier au loup

MIDSOMMAR d’Ari Aster ⭐⭐1/2

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Après le grand bruit d’HEREDITARY, son premier film maîtrisé et à la fois dilué dans d’interminables longueurs, le talentueux Ari Aster nous revient avec l’intrigant MIDSOMMAR. Alléchante prémisse que cette escapade entre amis dans une communauté suédoise aux traditions folkloriques  pour le moins…singulières.

L’action débute en hiver aux États-Unis, où le cinéaste prend le temps (judicieusement) d’installer une dynamique de couple unidirectionnelle, importante pour le reste du récit, et l’environnement dans lequel elle se déploie, soit au sein d’un quatuor de jeunes hommes universitaires, aussi préoccupés par leur mémoire de maîtrise que par les femmes qu’ils vont rencontrer durant leurs vacances européennes.

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LES DRAPEAUX DE PAPIER, prendre son envol

LES DRAPEAUX DE PAPIER de Nathan Ambrosioni ⭐⭐⭐1/2

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Une très intéressante question se pose avec l’arrivée sur nos écrans du premier long métrage du jeune Nathan Ambrosioni, LES DRAPEAUX DE PAPIER: comment critique-t-on un film dont la mise en marché repose surtout sur l’âge précoce du cinéaste? Si nous avons eu le cas de notre « prodige » national en la personne de Xavier Dolan, que penser de la proposition cinématographique de ce cinéaste précoce dont un de ses modèles est justement le réalisateur de J’AI TUÉ MA MÈRE?

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ANNA, usine de recyclage

ANNA de Luc Besson ⭐1/2

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Il y a eu Anne Parillaud, Milla Jovovich et Scarlett Johansson, au tour maintenant de la mannequin russe Sasha Luss d’entrer dans l’univers fantasmé du réalisateur Luc Besson. Son 18e long métrage s’intitule simplement ANNA, prénom en palindrome pour ce film qui multiplie inutilement les sauts dans le temps, du début à la fin.

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DOGMAN, ne pas lâcher le morceau

DOGMAN de Matteo Garrone ⭐⭐⭐1/2

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Il y a dans l’histoire du cinéma italien, des performances d’acteurs et d’actrices qui transcendent l’oeuvre dans laquelle ils ou elles jouent. Comme si le scénario, les décors, toute la mise en scène, les autres comédiens et comédiennes, et même la musique, étaient là pour que la performance de l’un d’entre eux puisse s’élever au-dessus du lot, pour nous rendre témoin d’un moment de grâce dans la vie de cette personne, en pleine possession de ses moyens, capable d’être en parfaite cohésion avec son personnage, lui offrant même une humanité bien au-delà de celle écrite par le scénariste.

Que l’on pense à Marcello Mastroianni, plus grand que nature dans  HUIT ET DEMI de Federico Fellini; Monica Vitti, bouleversante dans LE DÉSERT ROUGE de Michelangelo Antonioni; ou encore Roberto Benigni dans son sublime LA VITA È BELLA. Je pourrais poursuivre cette énumération longtemps. Il faudra désormais y ajouter le nom de Marcello Fonte, géant dans le DOGMAN de Matteo Garrone.

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ET DIEU…CRÉA LA FEMME, le chemin parcouru

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Il y a des œuvres cinématographiques dont les effets qu’ils ont provoqués transcendent leurs images et l’histoire qu’elles racontent. C’est le cas d’ET DIEU…CRÉA LA FEMME de Roger Vadim, mettant en vedette Brigitte Bardot, jugé alors comme un film sulfureux aux mœurs légères. Sensuelle et épris de liberté, Bardot joue une jeune femme orpheline, Juliette, qui rêve simplement de profiter de la vie et d’être heureuse. En 1956, ce premier long métrage de Vadim lancera le mythe de sa femme aux initiales célèbres, B.B., tout en pressentant la libération sexuelle à venir qui sera confirmé environ 10 ans plus tard en France par la légalisation de la pilule.

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LA PLAYA D.C., poursuivre le combat

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Après avoir transporté sur son dos toute la journée de lourdes poches de patates, Tomás enlève ses vêtements de travail pour enfiler son jeans, son t-shirt et son hoodie. Avant de quitter, il sort deux feutres de son sac et nous voyons devant lui une fresque inachevée de ses multiples dessins sur une courtepointe de sacs en papier. Tomás y ajoute des vagues bleues. Ensuite, il marche longtemps à travers des champs pour se trouver un coin tranquille et y poursuivre ses esquisses. Le titre apparaît sur fond noir.

Dans cette introduction de son premier long métrage, Juan Andrés Arango annonce les couleurs de son film et du coup, celle de son personnage central Tomás. Sans que le lieu nous soit annoncé, nous le suivons dans le quartier LA PLAYA D.C. à Bogota. Ce jeune afro-colombien aux talents artistiques indéniables tentera à l’aide de son frère ainé Chaco, qui revient d’une tentative d’immigrer illégalement au Canada, de retrouver le cadet Jairo, embourbé dans ses dettes liées à sa consommation de crack.

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