LA LOI DU MARCHÉ, l’exception Lindon

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Dans le 6e long métrage de Stéphane Brizé, LA LOI DU MARCHÉ, il y a la consécration d’un acteur que nous savions doué et qui nous offre une performance parfaite. Vincent Lindon, couronné au Festival de Cannes en 2015 et aux César en 2016, montre à travers le personnage de Thierry, la palette complète des couleurs de son immense talent.

Troisième collaboration entre le cinéaste de MADEMOISELLE CHAMBON et le héros engagé de WELCOME, il y a une parfaite symbiose entre le réalisateur et son comédien. Brizé laisse toute la place à Lindon pour qu’il puisse développer dans les moindres petits détails, la force et la vulnérabilité de cet homme brisé par la réalité du monde du travail en France. Cette fiction à elle seule peut résumer ce qui se passe présentement chez nos cousins français, cette montée aux barricades que sont les nombreuses « nuit debout » et cette rage contre le système que plusieurs jeunes casseurs voudraient nous faire croire qu’ils représentent (mais qui grondent dans l’antre de beaucoup de salariés). S’il n’y a pas d’éclats dans LA LOI DU MARCHÉ, il y a beaucoup de violence, celle invisible qui gruge de l’intérieur des milliers de travailleurs qui réussissent à peine à joindre les deux bouts.

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La fille de DHEEPAN

Ce mauvais titre de critique est pleinement assumé, ayant pour seul but de comparer la Palme d’Or de Jacques Audiard, qui nous arrive enfin, avec le Grand prix du jury LE FILS DE SAUL, film exceptionnel du cinéaste hongrois László Nemes. Le coup de poing que nous avons reçu en début d’année, avec cette histoire de Sonderkommando tentant d’enterrer son soi-disant fils, allait-il vraiment être surpassé par le récit de ces trois réfugiés tamouls prétendant être une famille?

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Et aussi 9 nominations aux César 2106

Sans être supérieure, la première moitié de DHEEPAN est aussi réussie que celle de LE FILS DE SAUL. Contrairement à ses œuvres précédentes dans lesquels nous étions rapidement impliqués envers ses personnages (UN PROPHÈTE étant le meilleur exemple), Audiard développe habilement la psychologie de chacun d’eux et laisse les liens entre eux se tisser lentement, comme si la plaie de leur exil se refermait au fil du temps.

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FATIMA, film précieux

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Tranquillement, tel un artisan qui perfectionne son art, le cinéaste Philippe Faucon entre dans la cour des grands avec un film précieux, touchant et nécessaire, FATIMA.

Ayant fait ses classes comme régisseur sur les plateaux de Leos Carax et Jacques Démy, Philippe Faucon a toujours favorisé ces comédiens comme matière première de ses œuvres, tout ça dans des scénarios à hauteur d’hommes et de femmes.

Son 6e long métrage FATIMA, coproduit avec le Québec, est sans l’ombre d’un doute son plus abouti, où il dose habillement ce drame invisible tellement il est commun. Cette ménagère maghrébine monoparentale mère de deux grandes filles de 15 et 18 ans, tente tant bien que mal de leur offrir un avenir plus rose que le sien. Après un accident de travail, elle perfectionnera son apprentissage du français, tout en tenant un journal dans sa langue natale. Pour son scénario finement travaillé, Faucon s’est inspiré de deux livres de Fatima Elayoubi, Prière à la lune (2006) et Enfin, je peux marcher seule (2011). Il aurait pu très facilement tomber dans un insupportable mélodrame où s’enchaînent les clichés. Heureusement, il les évite en misant sur la solide performance de Soria Zeroual, qui mérite amplement sa nomination comme meilleure actrice à la prochaine cérémonie des César, aux côtés de vedettes telles Catherine Frot, Isabelle Huppert et Catherine Deneuve. Ce n’est pas rien.

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Les projections éphémères

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Demain soir 19h30 au Centre Phi, il ne faudra surtout pas manquer la projection unique du film franco-marocain MUCH LOVED de Nabil Ayouch. Présenté durant la dernière édition du Festival du Nouveau Cinéma, ce drame de mœurs est toujours interdit de diffusion au Maroc et il y a même un procès qui s’est ouvert hier pour un «outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine». Le même jour, à Paris, la comédienne Loubna Abidar a reçu une nomination historique comme meilleure actrice pour la 41e cérémonie des César. C’est pour dire à quel point ce regard lucide sur 4 jeunes prostituées marocaines polarisent les opinions. Mais avant tout chose, MUCH LOVED demeure un excellent film.

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Les César 2016 – Suite logique

Pas vraiment de surprises, et peut-être un certain manque d’audace, ce matin à l’annonce des nominations pour la 41e édition de la cérémonie des César du cinéma français qui se tiendra le 26 février prochain. Ce sont les films MARGUERITE de Xavier Giannoli et TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE d’Arnaud Desplechin qui mènent le bal avec 11 citations chacun. Notons en premier la présence de trois films réalisés par des femmes parmi les meilleurs, fait rare aux César: MON ROI de Maïwenn, MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven et LA TÊTE HAUTE d’Emmanuelle Bercot. Très heureux de voir le duo Depardieu/Huppert nommé comme meilleur acteur et meilleure actrice malgré que leur film VALLEY OF LOVE méritait d’être davantage présent dans cette liste, particulièrement pour la réalisation de Guillaume Nicloux. Sinon nous retrouvons la majorité des films de l’hexagone qui ont débuté leur carrière au dernier Festival de Cannes (DHEEPAN, LA LOI DU MARCHÉ, MON ROI, MUSTANG, LA TÊTE HAUTE et le Desplechin).

Bref, il ne sera vraiment pas facile de prédire qui l’emportera, sachant surtout que la France a désigné MUSTANG plutôt que DHEEPAN pour les représenter aux Oscar et que le film de Deniz Gamze Ergüven est justement parmi les 5 finalistes.

Voici la liste complète des nommés:

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