FONDATIONS, le discours de la forge

FONDATIONS d’Olivier D. Asselin ⭐⭐⭐1/2

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Tout naît du feu, de la planète sur laquelle nous habitons, aux sinueux chemins qui ont menés l’humain de l’âge de pierre à l’ère industrielle. Et ce feu sacré, certains le portent en eux, au plus profond de leur être, comme une raison de vivre, une source de combustion interne qui les rend capable de traverser de multiples épreuves sans jamais altérer leur vision, leur travail, leur vocation. Tel semble être le destin de Mathieu Collette, noble et puissant forgeron, porte étendard d’un métier qui ne veut pas mourir. Il est le protagoniste, que dis-je, le souffle et la force de FONDATIONS, nouveau documentaire d’Olivier D. Asselin, au titre évocateur d’un passé profondément ancré dans un précieux savoir-faire qu’il ne faut pas perdre, peu importe le coût.

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10e anniversaire de Cinéma sous les étoiles

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Mardi 25 juin, c’est aujourd’hui que débute un 10e été de projections gratuites et citoyennes pour Cinéma sous les étoiles, projet porté à bouts de bras par l’équipe de Funambules Médias.

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LA FEMME DE MON FRÈRE, filiation

LA FEMME DE MON FRÈRE de Monia Chokri ⭐⭐⭐

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Auréolé du prix Coup de cœur de la section Un Certain Regard au plus récent Festival de Cannes,  LA FEMME DE MON FRÈRE,  premier long métrage de Monia Chokri, arrive rapidement sur nos écrans après son acclamation sur la Croisette.

Belle idée que de profiter de cet élan, surtout pour mettre un peu de couleurs dans ce printemps si gris. Ce film propose une thématique peut souvent explorée dans notre cinématographie, soit la relation entre une sœur et son frère, sujet pourtant riche narrativement. Il y a bien eu récemment le tumultueux EMBRASSE-MOI COMME TU M’AIMES d’André Forcier, ou dans la dernière décennie INCENDIES de Denis Villeneuve et EN TERRAINS CONNUS de Stéphane Lafleur (malgré que chez ces deux derniers titres, le lien de filiation n’était pas nécessairement le centre d’intérêt), il faut reconnaître que c’est davantage dans un contexte familial que sont représentés ces liens fraternels dans le cinéma québécois (LÉOLO de Jean-Claude Lauzon et LES PLOUFFE de Gilles Carle en sont d’excellents exemples).

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LA PLAYA D.C., poursuivre le combat

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Après avoir transporté sur son dos toute la journée de lourdes poches de patates, Tomás enlève ses vêtements de travail pour enfiler son jeans, son t-shirt et son hoodie. Avant de quitter, il sort deux feutres de son sac et nous voyons devant lui une fresque inachevée de ses multiples dessins sur une courtepointe de sacs en papier. Tomás y ajoute des vagues bleues. Ensuite, il marche longtemps à travers des champs pour se trouver un coin tranquille et y poursuivre ses esquisses. Le titre apparaît sur fond noir.

Dans cette introduction de son premier long métrage, Juan Andrés Arango annonce les couleurs de son film et du coup, celle de son personnage central Tomás. Sans que le lieu nous soit annoncé, nous le suivons dans le quartier LA PLAYA D.C. à Bogota. Ce jeune afro-colombien aux talents artistiques indéniables tentera à l’aide de son frère ainé Chaco, qui revient d’une tentative d’immigrer illégalement au Canada, de retrouver le cadet Jairo, embourbé dans ses dettes liées à sa consommation de crack.

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CAMION, prendre son temps

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Si certains réalisateurs obtiennent beaucoup d’attention dès leur premier film, d’autres développent tranquillement leur art. Comme des artisans, ils peaufinent leur technique en tournant le plus souvent possible, souvent avec des moyens réduits (LE CÈDRE PENCHÉ, DERRIÈRE MOI et NEW DENMARK), sachant que la route vers la reconnaissance est parfois longue et sinueuse. C’est avec son quatrième long métrage que Rafaël Ouellet a montré aux yeux du monde tout son savoir-faire, son CAMION est une œuvre mature, forte et pleine de lumière. Les prix de la mise en scène et œcuménique au Festival de Karlovy Vary en 2012 l’ont confirmés.

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UNE COLONIE, défricher le territoire

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Pour un critique de cinéma, il y a quelque chose de rassurant en voyant UNE COLONIE, l’excellent premier long métrage de fiction de Geneviève Dulude-De Celles. C’est de savoir qu’il y a encore des territoires narratifs à défricher, des sensibilités nouvelles pour explorer des thématiques qui peuvent parfois sembler usées. Depuis plus de 120 ans, les codes cinématographiques et les points de vue sont majoritairement masculins, provocant des automatismes dans notre réception et notre interprétation de ces films. Sans vouloir ouvrir le débat sur la parité, c’est réjouissant de voir l’arrivée de jeunes réalisatrices comme Dulude-De Celles et autres Sophie Bédard Marcotte (CLAIRE L’HIVER), qui nous obligent comme spectateur à nous ouvrir à de nouveaux horizons, à les suivre dans leurs explorations de cet art qui ne demande qu’à être réinventé, encore et encore.

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IMPETUS, le grand pas en avant

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Créer, ce geste de puiser en soi, d’y trouver matière à construire des bouts de réel aussi fictifs soient-ils, de jouer avec les frontières et les codes d’un art centenaire, de prendre le temps nécessaire pour que toutes ces images sonores s’apprivoisent entre elles, deviennent un ensemble cohérent et harmonieux. Et ensuite, le grand vertige, partager ce travail, cette composition d’élans et de doutes, où les moments de grandes solitudes ont côtoyé des précieux instants de complicité. Étendre sur la grande toile blanche cette lumière intime, qui prend vie une seconde fois (où est-ce la première?) dans les yeux curieux des spectateurs.

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