LES DÉMONS de Philippe Lesage, second rendez-vous

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C’est aujourd’hui que sort (enfin) en DVD et VSD l’excellent 1er long métrage de fiction de Philippe Lesage LES DÉMONS. Meilleur film québécois de 2015 selon les critiques de l’AQCC (Association Québécoise des Critiques de Cinéma) et récipiendaire du prix Gilles-Carle (meilleur premier ou deuxième long métrage de fiction) aux derniers Rendez-Vous du Cinéma Québécois, LES DÉMONS avait eu sa première au prestigieux Festival international du film de San Sebastian en Espagne lors de sa 63e édition.

LES DÉMONS raconte les peurs réelles et imaginaires de Félix 10 ans, entouré de sa famille et de ses amis dans sa banlieue qui semble si paisible.

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UN AMOUR D’ÉTÉ, au cœur de la montagne

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Avec la fermeture du cinéma Excentris, la Cinémathèque québécoise a eu la brillante idée de reprendre le flambeau de la diffusion d’un créneau précieux, celui des documentaires indépendants, majoritairement québécois. C’est par cette chance que vous pourrez tomber sous le charme du duo UN AMOUR D’ÉTÉ de Jean-François Lesage (grand prix de la compétition nationale longs métrages aux derniers RIDM) précédé du court métrage MÉTRO de Nadine Gomez dès aujourd’hui.

3e long métrage du cinéaste montréalais (en plus d’un moyen métrage UNE NUIT EN CHINE que vous pouvez voir ici), Jean-François Lesage nous confie une fois de plus à une immersion quasi sensorielle dans la métropole (après son magnifique CONTE DU MILE END), plus précisément dans les boisés du Mont-Royal bercé par l’éclairage de la lune.

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9 films à voir cet été

Comme toujours, l’été est souvent un désert cinématographique pour les cinéphiles qui veulent voir autres choses que des films usinés par les gros studios américains. Si nous pouvons toujours compter sur le festival FANTASIA pour nous proposer vraiment du cinéma audacieux et hors des sentiers battus, il faudra aussi ajouter la Cinémathèque québécoise qui nous promet plusieurs bijoux de la Nouvelle vague française.

C’est aussi souvent dans les parcs que les trouvailles se font. La dynamique équipe de Funambules Médias sera de retour pour la 7e édition du Cinéma sous les étoiles (horaire à venir sous peu). Et plusieurs festivals investissent aussi les lieux publics comme les RIDM et Cinémania.

En fouillant un peu, il y a tout de même 9 films qui mériteront une visite dans les salles obscures cet été.

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CHEVALIER de Athiná-Rachél Tsangári (vendredi 17 juin)

Après le rafraîchissant ATTENBERG, la réalisatrice grecque est de retour avec CHEVALIER. Tout comme son compatriote Yórgos Lánthimos (CANINE, ALPS, THE LOBSTER), dont elle produit les films, Tsangári a toujours une prémisse assez singulière. Dans ce cas-ci, il s’agit de 6 hommes coincés sur un yacht de luxe, qui s’affronteront dans une compétition à savoir « qui est le meilleur en général ». L’humour absurde et les malaises seront sûrement encore présents.

Pour voir la bande-annonce.

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Gala du cinéma québécois, choix et prédictions

Après la tempête vient le beau temps. Demain soir aura lieu le 18e Gala du cinéma québécois, le tout premier sous son nom provisoire. Si l’on se fie à l’ambiance festive des très réussis Rendez-Vous du Cinéma Québécois du mois dernier, nous pouvons espérer que le scandale soit vraiment derrière nous.

Comme plusieurs collègues de d’autres médias, voici mes prédictions et mes choix mais pour toutes les catégories:

MEILLEUR COURT OU MOYEN MÉTRAGE D’ANIMATION All the Rage – Alexandra Lemay (ONF – Maral Mohammadian) Autos Portraits – Claude Cloutier (ONF – Julie Roy) My Heart Attack – Sheldon Cohen (ONF – Marcy Page, Jelena Popović) Sonámbulo – Theodore Ushev (Theodore Ushev) Squame – Nicolas Brault (Nicolas Brault Films – Nicolas Brault)

Prédiction: Sonámbulo de Theodore Ushev

Choix: Sonámbulo de Theodore Ushev. Le cinéaste a réalisé un véritable chef d’oeuvre visuel, un bijou précieux abstrait et coloré. Un artiste au sommet de son art!

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MEILLEUR COURT OU MOYEN MÉTRAGE DE FICTION Bleu Tonnerre – Jean-Marc E. Roy, Philippe David Gagné (Voyelles Films – Ménaïc Raoul, Gabrielle TougasFréchette) Le cycle des moteurs – Patrice Laliberté (Couronne Nord – Julie Groleau) Maurice – François Jaros (La Boîte à Fanny – Fanny-Laure Malo, François Jaros) Le pédophile – Ara Ball (Les Enfants Terribles – Estelle Champoux & Jean-Philippe Bernier) Star – Emilie Mannering (Colonelle Films – Fanny Drew, Sarah Mannering)

Prédiction: Star d’Emilie Mannering

Choix: Bleu Tonnerre de Jean-Marc E. Roy & Philippe David Gagné. Proposition audacieuse de drame musical avec un Danny Placard convaincant, fort et vulnérable. Superbe travail de réalisation.

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AVANT LES RUES, premier film en langue atikamekw

Il semble y avoir un vent de changement qui s’installe tranquillement dans le cinéma québécois. Même s’il reste encore beaucoup de place à faire pour bien représenter la diversité de notre population en fiction, des œuvres récentes comme SCRATCH de Sébastien Godron, LE DEP de Sonia Bonspille Boileau ou encore RHYMES FOR YOUNG GOULS de Jeff Barnaby permettent de croire que le grand écran devient tranquillement un miroir à plusieurs prismes.

C’est pourquoi j’ai très hâte de découvrir AVANT LES RUES de Chloé Leriche, premier film en langue atikamekw, qui concourt présentement à la Berlinale et qui clôturera la 34e édition des Rendez-Vous du Cinéma Québécois.

Voici la bande-annonce:

 

Voir Denis Côté

Denis Côté - Viennale 2013

Denis Côté – Viennale 2013

Avec déjà neuf longs métrages présentés sur nos écrans en seulement onze ans (plus le moyen métrage LES LIGNES ENNEMIES et de nombreux courts métrages), le désir de cinéma chez Denis Côté demeure ce qui anime sa démarche créative. Il y a une véritable envie de provoquer des choses devant sa caméra, de bouleverser les règles établies de la narration, de surprendre le spectateur tout autant que lui-même.

Tenter de classer les œuvres de Denis Côté c’est risquer de poser des mots qui limiteraient la portée de celles-ci. Pour mieux cerner ses intentions et surtout comprendre ce qui lie ses films entre eux, il faut davantage plonger au cœur de ses réalisations. Voir et revoir ses fascinants objets cinématographiques comme la quête d’absolu d’un cinéaste envers son art. Ce besoin de se défier soi-même pour offrir un résultat unique et non conventionnel. C’est comme si cet ancien critique de cinéma s’amusait à nous montrer un univers hors champ, cette marge parallèle qu’il filme avec soin et minutie créant ainsi ses propres frontières imaginaires à l’extérieur de ses plans. Instinctif et obstiné, Côté cause des collisions frontales entre le réel et la fiction, s’intéressant à l’impact du choc et posant sa caméra sur les répercussions de cet étrange amalgame entre le vrai et le faux. L’improbable attaque de trisomiques dans le dépotoir de ferrailles dans CARCASSES le prouve très bien.

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Scène de l’inclassable CARCASSES

D’un film à l’autre, Denis Côté oscille entre ce besoin d’expérimenter et d’explorer les possibilités du 7e art sans toutefois vouloir sacrifier un souhait de raconter et de mettre en scène des personnages hors normes. C’est pourquoi après CURLING, qui se voulait alors son film le plus accessible, il a volontairement enchaîné avec un essai sans dialogue et mettant en vedette les bêtes d’un zoo, nous donnant ainsi l’étonnant BESTIAIRE. Si les animaux de BESTIAIRE se trouvaient réellement brimés de leur liberté dans leur cage ou leur enclos, dans les cadrages de Côté ils récupéraient, le temps d’un plan ou deux, la possibilité de s’exprimer.

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La moralité chez Denis Villeneuve

Je l’avoue sans hésitation, j’ai toujours eu de la difficulté avec les films québécois de Denis Villeneuve. Mis à part son tout premier long métrage UN 32 AOÛT SUR TERRE (et même un peu avant ça, son formidable court métrage REW-FFWD réalisé à l’ONF), tous ses autres propositions cinématographiques m’ont toujours épaté visuellement mais je sortais des projections troublé par des questions d’ordre moral. Il a atteint des sommets dans l’insupportable POLYTECHNIQUE en 2009, nous plongeant au cœur de ce drame innommable comme si nous étions témoins des actes de barbaries du tueur dont je tairais le nom. Ce point de vue irrespectueux envers la mémoire des victimes m’avait outré et j’avais été soulagé de lire les mots de l’auteur et professeur André Habib dans son désormais célèbre texte MORTES TOUTES LES APRÈS-MIDI.

Si ça ne c’est guerre amélioré avec INCENDIES (pour de toutes autres raisons, mais enchaînons), j’ai retrouvé un vif intérêt dans le travail de Villeneuve depuis qu’il tourne dans la langue de Spielberg. Pourquoi? ENEMY étant davantage un film typiquement canadien-anglais avec ses questionnements schizophréniques (thème déjà très présent dans les films premiers films d’Atom Egoyan & David Cronenberg), je passerai immédiatement à PRISONERS et surtout SICARIO, ses deux longs métrages américains.

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Denis Villeneuve durant le tournage de SICARIO

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