LOUIS-FERDINAND CÉLINE, l’épreuve cinématographique

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Emmanuel Bourdieu est avant tout un homme de lettres. Scénariste chez Desplechin (avec lequel il a signé le savoureux CONTE DE NOËL) mais aussi chez Garcia et Corsini, ses mots ont également animé les planches de théâtre et des centaines de pages de romans. Il était donc logique de le voir s’attaquer au scélérat qu’est devenu avec le temps Louis-Ferdinand Céline.

Il faut déjà préciser que Bourdieu s’est intéressé à un épisode très précis et d’une courte durée dans la vie de l’auteur de VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT. Étrangement, il ne signe pas le scénario. Nous le devons plutôt à Marcia Romano, proche de Bourdieu depuis ses débuts,  et qui a coécrit les trois plus récents films de Xavier Giannoli (dont l’excellent À L’ORIGINE). Nous nous retrouvons donc au Danemark en 1948, là où Céline s’est exilé pour fuir les accusations de collaboration avec les Nazis. Un jeune universitaire juif américain, Milton Hindus, vient rejoindre Céline, sa femme Lucette et leur chat Bébert (probablement celui qui s’en tire le mieux dans les interprétations) dans l’optique de rédiger un livre provenant de leurs échanges.

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Dès que Louis-Ferdinand Céline accueille le jeune Milton à la gare, impossible de ne pas voir un Denis Lavant sur le point de dérailler. Et le long métrage ne fait que commencer! Rien ne s’arrangera en dans les interminables minutes qui vont suivre. Jamais Lavant ne laissera de place à son personnage de Céline, sinon quelques rares moments partagés avec sa Lucette, abandonnée (et non jouée) par Géraldine Pailhas qui semble être là comme souffre-douleur. Et que dire de Philip Desmeules, complètement apeuré face à Lavant. C’est grâce à son Milton qu’il viendra à bout de s’affirmer devant Céline.

Lavant est tellement bruyant et caricatural, que nous en oublions le propos pourtant très pertinent, encore aujourd’hui, provenant de cette confrontation, entre un intellectuel novice et un génie de la littérature française, sur l’antisémitisme. Dans LOUIS-FERDINAND CÉLINE, tout semble pesant et sans issue. De la direction-photo très académique de Marie Spencer, au peu de panache de la direction artistique  d’Eugénie Collet et Florence Vercheval, rien ne semble pouvoir sauver ce film historique.

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Dommage car avec les événements qui ont ponctué violemment la France dans les 12 derniers mois, ce film méritait de nous confronter aux dire de Céline dont le nom résonne encore dans les médias de l’Hexagone. Au contraire, nous aurons été dérangé pour les mauvaises raisons, par un acteur souvent génial (Denis Lavant est toujours inoubliable chez son alter ego Leos Carax) mais qui peut parfois devenir le monstre qu’il tente d’interpréter.

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