Béla Tarr, cinéaste de la pénombre

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Le cinéaste hongrois Béla Tarr a mis fin à sa carrière en 2011, après son 9e et ultime long métrage, l’immense UN CHEVAL DE TURIN. Découragé de la lourdeur du système de production de son pays, et convaincu que son cinéma n’intéressait plus le public des salles obscures, Tarr a préféré s’arrêter.

Sa signature était évidente dès les premières minutes de ses films, que l’on pense à DAMNATION ou son film fleuve SÁTÁNTANGÓ Favorisant la beauté du noir et blanc, misant sur l’implication du spectateur dans d’impressionnants plans-séquences, Béla Tarr a désormais sa place parmi les grands réalisateurs de l’histoire du cinéma. Il était un poète des ombres et de la lumière, un maître de la pénombre, un des derniers, sinon le dernier, à utiliser le cinéma pour son essence première, cette affolante lumière.

Cet hommage en images montre à quel point il nous manque déjà. L’homme de 61 ans reviendra-t-il un jour sur sa décision? Comme cinéphile, il est obligatoire d’y rêver.

 

 

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LO AND BEHOLD, Herzog et les internets

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C’est le 29 octobre 1969 dans la pièce 3420 de l’Institut de recherche de l’Université Stanford que la toute première connexion entre deux ordinateurs a eu lieu. Prémisse de ce qui deviendra quelques années plus tard notre internet et aussi du fascinant documentaire de Werner Herzog, LO AND BEHOLD – REVERIES OF THE CONNECTED WORLD.

En 10 chapitres, cet essai cinématographique du vétéran cinéaste allemand ratisse large et dans toutes les directions, à l’image de son sujet. S’il est impossible de traiter de tous les aspects d’internet en moins de deux heures, il faut dire que le réalisateur de GRIZZLY MAN montre tout son savoir-faire en gardant son principal objectif, démontrer notre grande vulnérabilité face à cet invention souvent hors de contrôle qui, paradoxalement, contrôle de plus en plus nos vies.

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LES DÉMONS de Philippe Lesage, second rendez-vous

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C’est aujourd’hui que sort (enfin) en DVD et VSD l’excellent 1er long métrage de fiction de Philippe Lesage LES DÉMONS. Meilleur film québécois de 2015 selon les critiques de l’AQCC (Association Québécoise des Critiques de Cinéma) et récipiendaire du prix Gilles-Carle (meilleur premier ou deuxième long métrage de fiction) aux derniers Rendez-Vous du Cinéma Québécois, LES DÉMONS avait eu sa première au prestigieux Festival international du film de San Sebastian en Espagne lors de sa 63e édition.

LES DÉMONS raconte les peurs réelles et imaginaires de Félix 10 ans, entouré de sa famille et de ses amis dans sa banlieue qui semble si paisible.

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