Rouge Almodóvar

Julieta

En attendant JULIETA, le 20e long métrage distribué (1) de Pedro Almodóvar (qui est reparti bredouille du Festival de Cannes), pourquoi ne pas revenir sur l’ensemble de son oeuvre.

Depuis PEPI, LUCI, BOM ET AUTRES FILLES DU QUARTIER en 1980, le cinéaste espagnol a probablement réussi à  créer l’une des signatures les plus fortes du cinéma international. Avec 6 présences en compétition officielle au Festival de Cannes, 2 Oscars (meilleur film en langue étrangère pour TOUT SUR MA MÈRE en 2000 et meilleur scénario original pour PARLE AVEC ELLE en 2003, fait rare pour un film étranger) et de nombreux autres prix sur l’ensemble de la planète, Almodóvar a atteint le statut enviable d’avoir des spectateurs fidèles au quatre coins du globe.

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A TOUCH OF SIN, l’année du tigre

Avant la sortie imminente du plus récent film de Jia Zhangke AU-DELÀ DES MONTAGNES (vendredi 27 mai), retour sur son film précédent, le puissant A TOUCH OF SIN, l’un des meilleurs longs métrages de la présente décennie.

A Touch of Sin

Pour bien comprendre un pays et les différents enjeux sociaux, politiques et économiques qui s’y déroulent, il suffit de regarder les œuvres des artistes qui sont en réaction face aux décisions précises par l’élite en place. Depuis le réveil du dragon chinois, Jia Zhangke est probablement le  cinéaste de ce pays qui se distingue de tous les autres, avec le prolifique Wang Bing, pour l’acuité de son regard sur ses compatriotes. Autant dans ses documentaires que dans ses fictions, Jia Zhangke témoigne de la Chine moderne et des dérives de sa fulgurante ascension à l’économie de marché. A TOUCH OF SIN, son 10e long métrage est peut-être le plus virulent de tous ses constats.

Construit en quatre chapitres qui s’enchaînent de manières astucieuses, le chef de file de la 6e génération de réalisateurs chinois revient en force à la fiction, son chef d’œuvre STILL LIFE datant déjà de 2006. Prix du scénario au Festival de Cannes en 2013, A TOUCH OF SIN est aussi un exemple probant d’un réalisateur doué dédié à son art.

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LA LOI DU MARCHÉ, l’exception Lindon

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Dans le 6e long métrage de Stéphane Brizé, LA LOI DU MARCHÉ, il y a la consécration d’un acteur que nous savions doué et qui nous offre une performance parfaite. Vincent Lindon, couronné au Festival de Cannes en 2015 et aux César en 2016, montre à travers le personnage de Thierry, la palette complète des couleurs de son immense talent.

Troisième collaboration entre le cinéaste de MADEMOISELLE CHAMBON et le héros engagé de WELCOME, il y a une parfaite symbiose entre le réalisateur et son comédien. Brizé laisse toute la place à Lindon pour qu’il puisse développer dans les moindres petits détails, la force et la vulnérabilité de cet homme brisé par la réalité du monde du travail en France. Cette fiction à elle seule peut résumer ce qui se passe présentement chez nos cousins français, cette montée aux barricades que sont les nombreuses « nuit debout » et cette rage contre le système que plusieurs jeunes casseurs voudraient nous faire croire qu’ils représentent (mais qui grondent dans l’antre de beaucoup de salariés). S’il n’y a pas d’éclats dans LA LOI DU MARCHÉ, il y a beaucoup de violence, celle invisible qui gruge de l’intérieur des milliers de travailleurs qui réussissent à peine à joindre les deux bouts.

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Paris est une fête dans le prochain Bonello

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Si le titre d’origine a changé (PARIS EST UNE FÊTE a été abandonné suite aux événements récents à Paris), le nouveau film de Bertrand Bonello NOCTURAMA risque de faire jaser.

C’est au Festival de San Sebastian que les jeunes parisiens dévoileront leur plan maléfique car le Festival de Cannes a préféré ne pas les sélectionner. Pourtant, le cinéaste était de la compétition officielle avec ses deux opus précédents, SAINT LAURENT en 2014 et L’APPOLLONIDE: SOUVENIRS D’UNE MAISON CLOSE en 2011.

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