LES FAUVES, la belle bête

LES FAUVES de Vincent Mariette ⭐⭐⭐1/2

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L’enfance est vraiment une période fascinante, celle qui façonne l’adulte que nous devenons, imprégnant dans notre conscience et notre inconscient, des souvenirs lucides altérés par l’usure du temps, et des échos lointains de peurs qui nous suivront, dans nos rêves, et parfois même dans des moments pleinement éveillés. LES FAUVES de Vincent Mariette est de ceux-là, le cinéaste-scénariste ayant construit son récit sur quelques traces dans sa mémoire, de nuits dans un camping dans la région qu’habitaient ses grands-parents, en Dordogne.

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De là, de multiples histoires se sont créés dans sa tête, son scénario initial de film choral s’est structuré davantage, élaguant certains personnages, réduisant l’importance de d’autres, pour nous offrir un solide 2e long métrage, après les promesses de son TRISTESSE CLUB datant de 2014.

Dans LES FAUVES, nous sommes dans l’univers réel et fantasmé de la jeune Laura (Lily-Rose Depp, statique), qui suite au rumeur de la présence d’un gros félin dans la forêt avoisinante à son lieu de campement, développe une curiosité malsaine pour la bête, et rapidement pour un homme qui y rode aussi, un certain Paul (Laurent Lafitte, stoïque). En dire plus risquerait de gâcher le plaisir de découvrir par soi-même ce thriller français atypique, qui s’amuse à brouiller les pistes, et à dévoiler son plan très lentement.

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Jouant beaucoup avec les codes du genre pour mieux les détourner, Mariette utilise habillement le son et toute sa puissance évocatrice, pour mieux berner ses personnages et nous aussi, spectateurs piégés par ce talent d’écriture et de mise en scène tout en subtilité. Impossible de ne pas faire un parallèle avec les monstres de M. Night Shyamalan dans son THE VILLAGE (2004), qui rodaient eux aussi proche d’une communauté captive, nourrissant de rumeurs et de preuves accablantes la légende de cette bête, telle un tarasque de Tarascon.

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Si Lily-Rose Depp et Laurent Laffite suivent manifestement une ligne directrice limitant leur jeu respectif, pour mieux nous appâter à notre tour, l’ajout de Camille Cottin en policière rustre demeure une idée intéressante qui est malheureusement peu exploitée. Et le dénouement aurait mérité un resserrement, voir même une approche moins explicative, pour nous laisser nous imaginer, comme de grands enfants, une fin à la hauteur de la rumeur.

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LES FAUVES est un fascinant objet cinématographique qui prend des risques très calculés, s’amusant avec les deux sens disponibles du public, lui offrant le plaisir de combler les trois autres, comme un fauve qui traque sa proie, étudiant ses moindres gestes, choisissant le moment opportun pour lui sauter à la gorge, ou tout au moins faire planer dans sa tête cette potentialité. De quoi en rêver encore longtemps.

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