Vus et pas (encore) vus au 48e FNC

Synonymes

Quentin Dolmaire, Tom Mercier & Louise Chevillotte dans la décharge SYNONYMES de Nadav Lapid

En pleine saison des couleurs, l’aîné des festivals de cinéma montréalais tentera de nous en mettre plein la vue, encore une fois. Le Festival du nouveau cinéma se réinvente un peu avec l’arrivée d’une nouvelle directrice de la programmation (Zoé Protat) et quelques thématiques (une chance unique de revoir l’un des meilleurs films de la décennie, le clairvoyant TAKE SHELTER de Jeff Nichols), mais dans l’ensemble nous avons toujours ce juste mélange de titres primés dans les grands festivals et de nombreux objets cinématographiques non identifiés.

Voici quelques films vus et pas (encore) vus de cette 48e édition (en appuyant sur chaque titre, vous irez directement à la fiche du festival pour en savoir plus et surtout connaître l’horaire des séances):

A WHITE, WHITE DAY de Hlynur Pálmason (Islande) ⭐⭐⭐1/2

A white white day

Somptueux drame islandais, A WHITE, WHITE DAY intrigue dès son ouverture, un long travelling aérien sur une voiture prisonnière d’un épais brouillard. Ce 2e long métrage de Hlynur Pálmason cache bien son jeu, nous donnant lentement des informations nous expliquant la colère qui habite ce policier vieillissant, mais d’une force de caractère exemplaire. Sous les effets lancinants de la musique d’Edmund Finnis et le charme glacial des formidables images de Maria Von Hausswolff, vous trouverez un long métrage d’une redoutable efficacité, porté par les solides interprétations du vétéran Ingvar E. Sigurdsson et de la très jeune mais mature Ída Mekkín Hlynsdóttir.

 

ABOUT ENDLESSNESS de Roy Andersson (Suède)

about endlessness

Peu de cinéastes sur la planète ont le privilège d’avoir la position qu’occupe Roy Andersson. Chaque nouvelle offrande du septuagénaire suédois s’invite dans l’un des grands festivals du circuit. Par leur rareté (seulement 6 longs métrages en 49 ans de carrière) ses films deviennent de véritables trésors aux richesses que nous avons très hâte de découvrir. Et ce, malgré que nous sachions très bien qu’Andersson ne se réinventera pas, poursuivant à notre grand bonheur sa lente réflexion sur notre triste époque, teintée de sa grisaille identifiable et de son humour toujours prêt à décaper les bien-pensants de ce monde.

 

L’ACROBATE de Rodrigue Jean (Canada)

l'acrobate

L’énigmatique cinéaste acadien Rodrigue Jean est de retour, 5 ans après son « claustrophobant » L’AMOUR AU TEMPS DE LA GUERRE CIVILE. Nous savons peu de choses sur ce duel entre un acrobate russe et un homme « tiré à quatre épingles », mais comme ses cinq autres longs métrages précédents, Jean saura sûrement nous surprendre et nous déstabiliser, juste assez pour nous faire réfléchir.

 

ANTIGONE de Sophie Deraspe (Québec)

antigone

Fort de son prix du meilleur film canadien au TIFF et fier représentant du pays dans la course aux Oscar qui s’annonce prochainement, il semble n’y avoir que des éloges et des récompenses pour le 5e long métrage de la cinéaste québécois Sophie Deraspe. Nous pourrons enfin plonger dans cette relecture libre et contemporaine de la pièce de Sophocle.

 

COLOR OUT OF SPACE de Richard Stanley (États-Unis)

color out

H.P Lovecraft et Nicolas Cage, deux noms qui semblaient destinés à se retrouver sur une affiche de film. Et ce film, c’est COLOR OUT OF SPACE, l’adaptation de la nouvelle du premier mettant en vedette le second. Cette simple image donne le goût de plonger dans ce drame fantastique. Hâte aiguë!

 

ECHO de Rúnar Rúnarsson (Islande)

echo

Il y a des cinéastes que nous aimerions être les seuls à aimer, surtout lorsque l’on peut dire que nous avons vu son talent éclore dans ses courts métrages. L’islandais Rúnar Rúnarsson est de ceux-là. Après VOLCAN en 2011 et SPARROW en 2015, c’est sous la forme de 56 vignettes que le talentueux et sensible réalisateur nous propose ECHO, un tangible portrait de notre époque.

 

L.A. TEA TIME de Sophie Bédard Marcotte (Québec) ⭐⭐⭐1/2

la tea time

Gros coup de cœur pour cet autre magnifique bricolage cinématographique de Sophie Bédard Marcotte (après le coup de foudre pour CLAIRE L’HIVER). Dans l’univers de SBM, le réel et la fiction sont des vases communicants, où les touches de fantaisie et les petites choses du quotidien deviennent poésie. Aidée de ses maîtresses à penser que sont Chantal Akerman et Miranda July, Bédard Marcotte se construit tranquillement mais sûrement un univers qui lui est propre, rempli d’altruisme, de délicieux délires et de judicieuses hésitations. La créativité a trouvé sa plus fidèle cinéaste.

 

PERDRIX d’Erwan Le Duc (France) ⭐⭐⭐⭐

perdrix

Est-ce possible de tomber amoureux d’un film? Si oui, je jette mon dévolu sur l’attachant PERDRIX, 1er long métrage du français Erwan Le Duc. Cette comédie romantique décalée dégaine son humour avec grâce et sensibilité, trouvant un juste équilibre entre l’absurde et le burlesque. Mais la force suprême de cette histoire d’amour qui implique tout le village, c’est dans son couple improbable, ce Pierre et Juliette que sont les magnifiques Swann Arlaud & Maud Wyler. Et vive les nudistes révolutionnaires!

 

SYNONYMES de Nadav Lapid (France/Israël) ⭐⭐⭐⭐1/2

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Kamikaze! C’est peut-être le meilleur mot pour décrire la puissance et les déflagrations de l’immense SYNONYMES de Nadav Lapid, lauréat du Lion d’Or au Festival de Berlin en février dernier. Le cinéaste israélien a des comptes à régler avec son pays d’origine, et son Yoav (campé solidement par Tom Mercier, une révélation) n’a aucune retenue pour les exprimer, autant verbalement que physiquement. Ce troisième long métrage du réalisateur de L’INSTITUTRICE est ingénieux, drôle, brillant, fou, touchant, engagé, déconcertant, et je pourrais poursuivre longtemps ma liste de qualificatifs pour tenter de bien le décrire. À voir de toutes urgences pour mesurer l’impact des politiques d’un pays sur ses habitants, mené par un artiste au sommet de son art.

 

THE TWENTIETH CENTURY de Matthew Rankin (Canada)

twentieth century

Prince du court métrage canadien, Matthew Rankin fait enfin le saut dans le format long. Les attentes sont élevées, mais comment serait-il possible de douter d’un aussi talentueux fabricants d’images, de sons et d’imaginaires? L’écran le plus grand saura nous révéler tous les détails savoureux de sa nouvelle fresque historique.

 

VAILLANCOURT: REGARDE SI C’EST BEAU de John Blouin (Québec)

vaillancourt

Avec Gilles Vigneault, Armand Vaillancourt est l’un de nos derniers géants et pionniers québécois. Pendant une bonne partie de la décennie qui se termine, le cinéaste de Thetford Mines John Blouin a écouté et recueilli les gestes et les paroles de ce sculpteur hors norme, militant d’un pays qu’il ne peut pas construire seul et d’une nature qu’il défend depuis toujours.

 

48e édition du 9 au 20 octobre 2019, pour toute la programmation, nouveaucinema.ca.

 

 

 

 

 

 

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