AVANT LES RUES, premier film en langue atikamekw

Il semble y avoir un vent de changement qui s’installe tranquillement dans le cinéma québécois. Même s’il reste encore beaucoup de place à faire pour bien représenter la diversité de notre population en fiction, des œuvres récentes comme SCRATCH de Sébastien Godron, LE DEP de Sonia Bonspille Boileau ou encore RHYMES FOR YOUNG GOULS de Jeff Barnaby permettent de croire que le grand écran devient tranquillement un miroir à plusieurs prismes.

C’est pourquoi j’ai très hâte de découvrir AVANT LES RUES de Chloé Leriche, premier film en langue atikamekw, qui concourt présentement à la Berlinale et qui clôturera la 34e édition des Rendez-Vous du Cinéma Québécois.

Voici la bande-annonce:

 

Voir Denis Côté

Denis Côté - Viennale 2013

Denis Côté – Viennale 2013

Avec déjà neuf longs métrages présentés sur nos écrans en seulement onze ans (plus le moyen métrage LES LIGNES ENNEMIES et de nombreux courts métrages), le désir de cinéma chez Denis Côté demeure ce qui anime sa démarche créative. Il y a une véritable envie de provoquer des choses devant sa caméra, de bouleverser les règles établies de la narration, de surprendre le spectateur tout autant que lui-même.

Tenter de classer les œuvres de Denis Côté c’est risquer de poser des mots qui limiteraient la portée de celles-ci. Pour mieux cerner ses intentions et surtout comprendre ce qui lie ses films entre eux, il faut davantage plonger au cœur de ses réalisations. Voir et revoir ses fascinants objets cinématographiques comme la quête d’absolu d’un cinéaste envers son art. Ce besoin de se défier soi-même pour offrir un résultat unique et non conventionnel. C’est comme si cet ancien critique de cinéma s’amusait à nous montrer un univers hors champ, cette marge parallèle qu’il filme avec soin et minutie créant ainsi ses propres frontières imaginaires à l’extérieur de ses plans. Instinctif et obstiné, Côté cause des collisions frontales entre le réel et la fiction, s’intéressant à l’impact du choc et posant sa caméra sur les répercussions de cet étrange amalgame entre le vrai et le faux. L’improbable attaque de trisomiques dans le dépotoir de ferrailles dans CARCASSES le prouve très bien.

5d3a67abed801888f979c35ff3e27404

Scène de l’inclassable CARCASSES

D’un film à l’autre, Denis Côté oscille entre ce besoin d’expérimenter et d’explorer les possibilités du 7e art sans toutefois vouloir sacrifier un souhait de raconter et de mettre en scène des personnages hors normes. C’est pourquoi après CURLING, qui se voulait alors son film le plus accessible, il a volontairement enchaîné avec un essai sans dialogue et mettant en vedette les bêtes d’un zoo, nous donnant ainsi l’étonnant BESTIAIRE. Si les animaux de BESTIAIRE se trouvaient réellement brimés de leur liberté dans leur cage ou leur enclos, dans les cadrages de Côté ils récupéraient, le temps d’un plan ou deux, la possibilité de s’exprimer.

Lire la suite