VUS ET PAS (ENCORE) VUS 26e CINÉMANIA

La formidable Nina Hoss dans le troublant L’AUDITION d’Ina Weisse

Après un 25e anniversaire assez exceptionnel, Cinémania prend le virage numérique, persiste et signe en pleine pandémie. Il faut savoir que pour concocter une édition en ligne, il est beaucoup plus difficile de négocier les droits des films, particulièrement pour des longs métrages internationaux. Saluons la belle programmation offerte dans ce contexte si singulier, auxquels s’ajoutent désormais une sélection de courts métrages francophones et, cette année, un bel hommage sous forme de rétrospective de notre précieux Louis Bélanger.

Même s’il n’y a pas de PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU, LES MISÉRABLES ou SYMPATHIE POUR LE DIABLE cette année, il y a quelques titres qui méritent notre attention. Voici donc les œuvres à découvrir, ou pas, dès aujourd’hui sur le site de Cinémania.

FILM VUS

L’AUDITION d’Ina Heisse, Allemagne/France, 1h39, 2019 ⭐⭐⭐⭐

2e long métrage de l’actrice allemande Ina Heisse, 11 ans après DER ARCHITEKT, L’AUDITION montre la dérive d’une femme qui tente de s’accrocher à ses convictions, même si elle anticipe peut-être sa potentielle chute. Dans ce drame d’une grande rigueur, qui fait écho à certains films de Michael Haneke ou d’autres des frères Dardenne, la formidable Nina Hoss (muse de Christian Petzold dans BARBARA et PHOENIX) est tout simplement phénoménale comme professeur de violon entêtée. Excellent travail de montage, qui suit la courbe émotive de cette mère de famille qui s’éloigne progressivement autant de son fils que de son mari luthier. Du cinéma frontal, viscéral, qui ne nous prend pas par la main, mais plutôt à la gorge.

DES HOMMES de Lucas Belvaux, Belgique, 1h41, 2020 ⭐⭐⭐

Toujours rassurant de voir le nom de Lucas Belvaux (RAPT, 38 TÉMOINS, LA RAISON DU PLUS FAIBLE) dans une programmation. Le réalisateur belge nous propose encore une fois un intense drame avec des personnages écorchés vifs. DES HOMMES, c’est Gérard Depardieu (monstrueusement juste) et Jean-Pierre Darroussin (en retenu, résilient), et tous leurs frères d’armes de la guerre d’Algérie. Plus de 40 ans après ce conflit, le cinéaste tente de mesurer l’impact de ces combats sur la vie de ses vétérans et leurs proches. Un Belvaux qui revisite une page d’histoire, c’est un passage obligé durant ce festival.

DEUX MOI de Cédric Klapisch, France, 1h50, 2019 ⭐⭐

Frère et sœur dans le précédent film de Cédric Klapisch CE QUI NOUS LIE, François Civil et Ana Girardot campent cette fois-ci dans DEUX MOI, deux jeunes trentenaires célibataires qui se croisent sans cesse, sans vraiment se rencontrer réellement. Beau défi scénariste comme les aime le cinéaste de L’AUBERGE ESPAGNOLE, il manque un je-ne-sais-quoi pour que ce film nous embarque dans ce regard lucide sur une génération archi connectée, mais terriblement seule.

L’ÉTAT SAUVAGE de David Perrault, France/Canada, 1h58, 2020 ⭐⭐⭐

Ayant comme point de départ la Guerre de sécession, durant laquelle une riche famille française tente de quitter le continent américain, le cinéaste David Perrault nous propose avec son 2e long métrage L’ÉTAT SAUVAGE un western lent et lancinant. Tourné dans des conditions difficiles durant le volet québécois, Perrault critique différents aspects de cette société bourgeoise (comme le rôle des femmes et l’esclavage) sans les surlignés. Toutefois, il n’évite pas certains clichés, mais la sublime caméra de Christophe Duchange nous garde captif du début jusqu’à la fin.

GARÇON CHIFFON de Nicolas Maury, France, 1h50, 2020 ⭐⭐

Avec ce premier long métrage du comédien Nicolas Maury, les espérances d’y trouver un nouveau LES GARÇONS ET GUILLAUME, À TABLE (le césarisé film de Guillaume Gallienne) s’évacue bien assez vite. Maury reprend malheureusement le même type d’interprétation qu’il nous a habitué chez Yann Gonzales (UN COUTEAU DANS LE COEUR et LES RENCONTRES D’APRÈS MINUIT), sans réussir à nous émouvoir, nous atteindre. Dommage, car il y avait de la matière pour nous surprendre, pour oser, surtout lorsqu’il s’entoure de Nathalie Baye et de Laure Calamy.

POLICE d’Anne Fontaine, France, 1h38, 2020 ⭐⭐1/2

Après le POLISSE de Maïwenn en 2011 et POLICE de Maurice Pialat en 1985, voici maintenant le POLICE d’Anne Fontaine. La cinéaste qui nous a offert les réussis COCO AVANT CHANEL et NETTOYAGE À SEC, et les oubliables MON PIRE CAUCHEMAR et BLANCHE COMME NEIGE, réalise un drame plein de promesse qui hésite à se faire confiance. Elle avait pourtant tellement de matière entre les mains, dont ce trio atypique composé de Virginie Efira, Omar Sy et Grégory Gadbois. Dommage que le film s’essouffle au moment il aurait du nous secouer, nous rentrer dedans face à la situation de ce prisonnier dont le sort est entre leurs mains.

SLALOM de Charlène Favier, France, 1h32, 2020 ⭐⭐1/2

L’abus est un sujet riche pour le cinéma. Pouvant se décliner sous de nombreux rapports de force, il y a de quoi alimenter encore bien des pages de scénarios, et de multiples façons de l’illustrer à l’écran. Pour son 1er long métrage, la cinéaste française Charlène Favier s’est intéressée à la relation malsaine et violente entre un coach de ski et sa protégée. S’il y a un réel travail cinématographique dans la mise en images et en sons de ce drame intime, le lien émotif entre le spectateur et la victime est complètement absent. Le jeu vide de Noée Abita y est pour beaucoup, la jeune actrice reprenant une fois de plus un rôle où elle encaisse les coups sans que nous y croyons vraiment.

PAS ENCORE VUS

ANTOINETTE DANS LES CÉVENNES de Caroline Vignal, France, 1h35, 2020

Depuis sa performance déchirante dans AVA de Léa Mysius en 2017, Laure Calamy est définitivement l’une des plus intéressantes actrices françaises. De la retrouver dans les Cévennes pour une comédie, voilà un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer.

ÉTÉ 85 de François Ozon, France, 1h40, 2020

Après le sombre GRÂCE À DIEU, le prolifique François Ozon nous revient avec une romance adolescente entre deux jeunes hommes en plein été au milieu de la décennie 80. Fort du seau officiel de Cannes 2020, il y a toujours beaucoup de cinéma chez le cinéaste de FRANTZ et JEUNE ET JOLIE.

Cinémania du 4 au 22 novembre 2020

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s