TROIS COULEURS: BLEU, le prix de la liberté

Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette semaine est dédiée au cinéma de Krzysztof Kieślowski en revenant sur quelques unes de ses œuvres phares.

Du DÉCALOGUE à sa dernière trilogie scénarisée qu’il n’aura pas eu le temps de réaliser (HEAVEN de l’allemand Tom Tykwer, L’ENFER du bosniaque Danis Tanovic et NADZIEJA du polonais Stanislaw Mucha), Krzysztof Kieślowski avait pris goût avant la fin abrupte de sa carrière, à s’imposer un carcan formel pour ses œuvres. Si ses thèmes étaient des points de départ, il se permettait de les confronter, de les explorer dans toutes leurs nuances et significations. À ce registre, la trilogie BLEU, BLANC, ROUGE de Kieślowski, basée sur les trois termes de la devise de la France (« Liberté, Égalité et Fraternité »), est désormais une référence cinématographique, voir même un jalon de l’histoire du 7e art.

TROIS COULEURS: BLEU débute par cette roue filmée sous le véhicule, à ras l’asphalte bleutée. Ensuite une main d’enfant, sortie par la fenêtre ouverte à l’arrière, tient du bout des doigts l’emballage bleu d’une sucette virevoltant dans le vent. Quelques kilomètres plus loin, le drame se produit.  Suite au décès de sa fille et de son mari Patrice, célèbre compositeur, Julie seul survivante de l’accident apprendra le coût réel de sa soudaine liberté.

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Dans ce premier chapitre de cette trilogie tricolore, adroitement scénarisé avec son fidèle complice Krzysztof Piesiewicz, Krzysztof Kieślowski illustre la rééducation de cette femme à la vie, brisée par la mort de ses proches. Cette naissance d’une nouvelle « elle » se fera progressivement, en confrontant un passé qu’elle pensait connaître pour pouvoir vraiment être affranchie.

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LE DÉCALOGUE, 10 films sur la nature humaine

Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette semaine est dédiée au cinéma de Krzysztof Kieślowski en revenant sur quelques unes de ses œuvres phares.

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Œuvre librement inspiré des 10 commandements de la Bible, LE DÉCALOGUE de Krzysztof Kieślowski demeure l’un des grands accomplissements cinématographiques de la fin du 20e siècle. C’est dans le quartier Stawki en banlieue de Varsovie que sont tournés sur une période d’environ 12 mois en 1987 et 1988 ces épisodes d’une heure chacun pour la télévision polonaise. Mais c’est sur grand écran que le monde entier découvrira toute la puissance de ces histoires parallèles qui se côtoient et qui se complètent, seulement pour nous livrer un point de vue unique sur la nature humaine.

Ensemble dans un musée de la capitale de la Pologne devant un polyptyque du 15e siècle représentant les commandements, c’est le coscénariste Krzysztof Piesiewicz qui lance l’idée à Kieślowski de les actualiser. Avec une économie de moyen, sous le régime communiste de l’époque encore en état de choc de la loi martiale décrétée par le général Jaruzelski en 1981 (période d’environ 18 mois durant lesquels de nombreuses restrictions affecteront le quotidien des citoyens), le réalisateur, qui avait fait ses classes en documentaire à l’École nationale de cinéma de Łódź (où ont aussi étudié Polanski, Wadja et Skolimowski), adopte un style réaliste ancré dans le présent, qu’il ponctue de la délicate musique de son fidèle Zbigniew Preisner.

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