TROIS COULEURS: BLEU, le prix de la liberté

Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette semaine est dédiée au cinéma de Krzysztof Kieślowski en revenant sur quelques unes de ses œuvres phares.

Du DÉCALOGUE à sa dernière trilogie scénarisée qu’il n’aura pas eu le temps de réaliser (HEAVEN de l’allemand Tom Tykwer, L’ENFER du bosniaque Danis Tanovic et NADZIEJA du polonais Stanislaw Mucha), Krzysztof Kieślowski avait pris goût avant la fin abrupte de sa carrière, à s’imposer un carcan formel pour ses œuvres. Si ses thèmes étaient des points de départ, il se permettait de les confronter, de les explorer dans toutes leurs nuances et significations. À ce registre, la trilogie BLEU, BLANC, ROUGE de Kieślowski, basée sur les trois termes de la devise de la France (« Liberté, Égalité et Fraternité »), est désormais une référence cinématographique, voir même un jalon de l’histoire du 7e art.

TROIS COULEURS: BLEU débute par cette roue filmée sous le véhicule, à ras l’asphalte bleutée. Ensuite une main d’enfant, sortie par la fenêtre ouverte à l’arrière, tient du bout des doigts l’emballage bleu d’une sucette virevoltant dans le vent. Quelques kilomètres plus loin, le drame se produit.  Suite au décès de sa fille et de son mari Patrice, célèbre compositeur, Julie seul survivante de l’accident apprendra le coût réel de sa soudaine liberté.

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Dans ce premier chapitre de cette trilogie tricolore, adroitement scénarisé avec son fidèle complice Krzysztof Piesiewicz, Krzysztof Kieślowski illustre la rééducation de cette femme à la vie, brisée par la mort de ses proches. Cette naissance d’une nouvelle « elle » se fera progressivement, en confrontant un passé qu’elle pensait connaître pour pouvoir vraiment être affranchie.

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LE HASARD, la possibilité narrative

Pour le 20e anniversaire de sa mort, cette semaine est dédiée au cinéma de Krzysztof Kieślowski en revenant sur quelques unes de ses œuvres phares.

LE HASARD, c’est le titre du 3e long métrage de fiction de Krzysztof Kieślowski et aussi un thème clé dans l’œuvre du cinéaste polonais. Dans ce film, définitivement son plus politique, il a la volonté de démontrer sa confiance dans le libre arbitre de chacun, même au sein d’un système totalitaire comme l’était la Pologne en 1981. Est-ce vraiment un hasard que la version finale fut terminée la veille de la mise en vigueur de la loi martiale du général Jaruzelski suite à son coup d’état?

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Cette critique à peine masquée du régime communiste valut au film de Kieślowski 6 ans de censure. Mais au-delà du propos, c’est la trame narrative qu’utilise le réalisateur du DÉCALOGUE qui distingue son long métrage. Suite à la mort de son père, Witek abandonne ses études en médecine. Kieślowski propose alors trois possibilités de destin à son personnage, lorsque celui-ci tente sur le quai d’une gare d’attraper le train qui vient juste de quitter.

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