DOGMAN, ne pas lâcher le morceau

DOGMAN de Matteo Garrone ⭐⭐⭐1/2

dogman1

Il y a dans l’histoire du cinéma italien, des performances d’acteurs et d’actrices qui transcendent l’oeuvre dans laquelle ils ou elles jouent. Comme si le scénario, les décors, toute la mise en scène, les autres comédiens et comédiennes, et même la musique, étaient là pour que la performance de l’un d’entre eux puisse s’élever au-dessus du lot, pour nous rendre témoin d’un moment de grâce dans la vie de cette personne, en pleine possession de ses moyens, capable d’être en parfaite cohésion avec son personnage, lui offrant même une humanité bien au-delà de celle écrite par le scénariste.

Que l’on pense à Marcello Mastroianni, plus grand que nature dans  HUIT ET DEMI de Federico Fellini; Monica Vitti, bouleversante dans LE DÉSERT ROUGE de Michelangelo Antonioni; ou encore Roberto Benigni dans son sublime LA VITA È BELLA. Je pourrais poursuivre cette énumération longtemps. Il faudra désormais y ajouter le nom de Marcello Fonte, géant dans le DOGMAN de Matteo Garrone.

Lire la suite

ESSENTIAL KILLING, homme traqué

essential-killing-de-jerzy-skolimowski

Dès les premières images d’ESSENTIAL KILLING, nous pourrions nous croire dans le parc de Death Valley en Californie ou dans le Bonneville Salt Flats de l’Utah, deux principaux lieux de tournage du GERRY de Gus Van Sant. Nous sommes plutôt dans un désert fictif rappelant l’Afghanistan où trois militaires se font surprendre par un taliban embusqué, qui dès lors doit survivre tel un animal dont on suit toujours sa trace. Le réalisateur polonais Jerzy Skolimowski a tourné la première partie de son film dans un désert de craie en Israël, non loin de la mer Morte. Et son homme traqué, c’est l’américain Vincent Gallo dans un rôle physique et pratiquement muet.

Lire la suite

LE SALAIRE DE LA PEUR, mettre en scène le danger

salaire-de-la-peur-1953-10-g

Au début du long métrage Le salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot, il y a la vie. À Las Piedras, ville fictive d’Amérique latine, le réalisateur français nous montre comment la population et les migrants allemands, américains et français cohabitent dans ce no man’s land où règnent la chaleur et un chaos contrôlé. Ensuite, il y a la mort, celle que transportent deux duos d’hommes dans leur camion plein de galons de nitroglycérine. Le tout nous donne un long métrage haletant d’un cinéaste au sommet de son art, capable de mettre en scène le danger en le domptant habilement.

Sorti en salles en 1953, Le salaire de la peur remportait alors l’Ours d’or au Festival de Berlin et la Palme d’or du Festival de Cannes (plus précisément le Grand prix du Festival international du film 1953, car la première Palme d’or fut décernée en 1955). Exploit exceptionnel désormais impossible, dû à l’exclusivité de chaque festival, Henri-Georges Clouzot s’attaquait à un grand succès en adaptant le roman du même titre de Georges Arnaud.

Lire la suite