Suivre Jeff Nichols

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En voyant le premier ou le deuxième film de jeunes cinéastes, il est possible de savoir que nous attendrons toujours impatiemment leur prochaine réalisation. Pour ma part, se fut le cas en découvrant les Harmony Korine, Denis Côté, Lars von Trier, Leos Carax, Hirokazu Kore-eda, David Michôd, Fatih Akin et tant d’autres.

L’américain Jeff Nichols figure au haut de cette liste. En seulement 3 longs métrages (SHOTGUN STORIES en 2007, le formidable TAKE SHELTER en 2011 et MUD en 2012), ce scénariste de grand talent a réussi à créer de grandes attentes pour tous ses projets à venir. Il sait développer des histoires accrocheuses avec des personnages souvent tourmentés mais rarement agités, hantés par leur passé et craignant souvent l’avenir. De belles métaphores sur l’Amérique contemporaine, teintées d’un esprit et d’un rythme typique des états du sud.

Présentement en compétition officielle au Festival de Berlin, son tout nouveau MIDNIGHT SPECIAL intrigue par son approche fantastique, thème sous-jacent dans son oeuvre la plus puissante et la plus achevée, TAKE SHELTER avec son acteur fétiche Michael Shannon.

Cette cavale père-fils pour protéger le jeune aux pouvoirs surnaturels nous arrivera sous peu, le 18 mars, et elle confirmera sûrement l’étendu du talent de Nichols. Il termine déjà une autre production, LOVING, qui sortira peut-être avant la fin de l’année.

Les images d’Emmanuel Lubezki

Lubezki

En fin de semaine, le directeur-photo d’origine mexicaine Emmanuel Lubezki a marqué l’histoire du cinéma avec ses images pour THE REVENANT d’Alejandro G. Iñárritu. Il est devenu le premier de sa profession à remporter trois années consécutives le prestigieux ASC Awards (le prix remit par l’American Society of Cinematographers, donc par ses pairs) et aussi le seul à l’obtenir pour une 5e fois dans sa carrière (CHILDREN OF MEN d’Alfonso Cuarón en 2006, THE TREE OF LIFE de Terrence Malick en 2011, GRAVITY d’Alfonso Cuarón en 2013, BIRDMAN d’Alejandro G. Iñárritu et maintenant THE REVENANT du même cinéaste).

Il y a aussi de très forte chance qu’il devienne le premier chef opérateur à monter sur la scène du Dolby Theater une troisième fois en trois ans pour soulever le précieux Oscar (toutes catégories confondues, c’est Walt Disney qui détient l’impressionnant record de 8 Oscar consécutifs).

En regardant les projets sur lesquels Lubezki travaille, nous pouvons nous demander jusqu’à quel point il ne devient pas coréalisateur de ceux-ci tellement son influence et sa marque sont identifiables. Impossible de le séparer des plus récents Malick et  Cuarón, et maintenant d’Iñárritu.

En attendant KNIGHT OF CUPS de Terrence Malick qui nous arrivera le 4 mars prochain, ce montage prouve sans l’ombre d’un doute que toutes les images d’Emmanuel Lubezki sont des moments cinématographiques précieux.

AVANT LES RUES, premier film en langue atikamekw

Il semble y avoir un vent de changement qui s’installe tranquillement dans le cinéma québécois. Même s’il reste encore beaucoup de place à faire pour bien représenter la diversité de notre population en fiction, des œuvres récentes comme SCRATCH de Sébastien Godron, LE DEP de Sonia Bonspille Boileau ou encore RHYMES FOR YOUNG GOULS de Jeff Barnaby permettent de croire que le grand écran devient tranquillement un miroir à plusieurs prismes.

C’est pourquoi j’ai très hâte de découvrir AVANT LES RUES de Chloé Leriche, premier film en langue atikamekw, qui concourt présentement à la Berlinale et qui clôturera la 34e édition des Rendez-Vous du Cinéma Québécois.

Voici la bande-annonce:

 

Isabelle Huppert chez Mia Hansen-Løve

Après l’excellent EDEN sorti l’an passé, Mia Hansen-Løve est déjà de retour avec L’AVENIR. En compétition cette semaine au Festival de Berlin, ce 5e long métrage de la cinéaste met en vedette Isabelle Huppert.

Découvrez la bande-annonce et deux extraits du film:

Bande-annonce

Extrait #1

Extrait #2

La moralité chez Denis Villeneuve

Je l’avoue sans hésitation, j’ai toujours eu de la difficulté avec les films québécois de Denis Villeneuve. Mis à part son tout premier long métrage UN 32 AOÛT SUR TERRE (et même un peu avant ça, son formidable court métrage REW-FFWD réalisé à l’ONF), tous ses autres propositions cinématographiques m’ont toujours épaté visuellement mais je sortais des projections troublé par des questions d’ordre moral. Il a atteint des sommets dans l’insupportable POLYTECHNIQUE en 2009, nous plongeant au cœur de ce drame innommable comme si nous étions témoins des actes de barbaries du tueur dont je tairais le nom. Ce point de vue irrespectueux envers la mémoire des victimes m’avait outré et j’avais été soulagé de lire les mots de l’auteur et professeur André Habib dans son désormais célèbre texte MORTES TOUTES LES APRÈS-MIDI.

Si ça ne c’est guerre amélioré avec INCENDIES (pour de toutes autres raisons, mais enchaînons), j’ai retrouvé un vif intérêt dans le travail de Villeneuve depuis qu’il tourne dans la langue de Spielberg. Pourquoi? ENEMY étant davantage un film typiquement canadien-anglais avec ses questionnements schizophréniques (thème déjà très présent dans les films premiers films d’Atom Egoyan & David Cronenberg), je passerai immédiatement à PRISONERS et surtout SICARIO, ses deux longs métrages américains.

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Denis Villeneuve durant le tournage de SICARIO

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TAXI DRIVER, plus pertinent que jamais

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Il y a 40 ans sortait en salles le percutant TAXI DRIVER de Martin Scorsese. Bon moment pour revenir sur l’importance de ce film et surtout sa pertinence, encore et peut-être davantage aujourd’hui.

Écrit par le scénariste Paul Schrader (et basé sur un vrai wannabe assassin qui avait fait les manchettes en 1970, Arthur Bremer), c’est le cinéaste Robert Mulligan (TO KILL A MOCKINGBIRD) qui devait au départ réalisé et c’est Jeff Bridges qui allait devenir Travis Bickle. Heureusement pour nous, Schrader a insisté pour que Scorsese se retrouve derrière la caméra et que Robert De Niro prenne les traits du vétéran de la Marine Bickle.

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Adieu pont de la 6e rue

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L’un des plus célèbres ponts de l’histoire du cinéma, The 6th Street Bridge à Los Angeles, long d’un peu plus d’un kilomètre, sera détruit prochainement. Sa structure de béton est désormais trop fragile, il sera reconstruit et terminé en 2019. Mais le pont sera complètement redessiné.

Dans ce montage, nous pouvons voir à quel point il était devenu emblématique de nombreuses scènes de poursuite. Que l’on pense à POINT BLANK de John Boorman, TO LIVE AND DIE IN L.A. de William Friedkin, GREASE de Randal Kleiser, TERMINATOR 2: JUDGEMENT DAY de James Cameron, et plus récemment dans DRIVE de Nicolas Winding Refn, THE DARK KNIGHT RISE de Christopher Nolan et KNIGHT OF CUPS de Terrence Malick.

Espérons que la nouvelle structure qui remplacera celle de 1932 inspirera autant les cinéastes pour de nombreuses séquences à venir.

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Jake Gyllenhaal en mode démolition

Si la carrière américaine du cinéaste québécois Jean-Marc Vallée a débuté avec YOUNG VICTORIA en 2009, c’est vraiment avec le solide DALLAS BUYERS CLUB en 2013 qu’il s’est fait remarqué. Surtout grâce aux Oscar mérités de Matthew McConaughey & Jared Leto, la popularité du réalisateur de CAFÉ DE FLORE n’a jamais cessé de grandir à Hollywood.

Il y a eu aussi le mal habile WILD mais qui a tout de même permi à Reese Witherspoon & Laura Dern d’obtenir chacune une nomination pour les trophées dorés de l’Academy of Motion Pictures Arts and Science l’année suivante.

Voici maintenant DEMOLITION, qui a fait l’ouverture du TIFF en septembre dernier et qui a eu des critiques mitigées, qui arrivera sur nos écrans le 8 avril prochain. Encore une fois, le personnage central du film, joué par Jake Gyllenhaal, doit surmonter une épreuve (cette fois-ci davantage émotive que physique) dans sa vie. Ça semble prometteur.

Exarchopoulos et Galienne, éperdument

Un duo Césarisé,  Adèle Exarchopoulos et Guillaume Gallienne, en vedette dans le nouveau film de Pierre Godeau (JULIETTE en 2012) qui raconte une histoire d’amour dévastatrice. Reste à voir si cette drôle de paire saura nous convaincre sur grand écran.

Une bande-annonce sur un air de Woodkid & Lykke Li NEVER LET YOU DOWN.