Comment faire un documentaire sur un sujet délicat (dans ce cas-ci, le mariage pour tous en France) avec créativité? LA SOCIOLOGUE ET L’OURSON d’Étienne Chaillou & Mathias Thery est un exemple probant de ces films aux budgets restreints qui accomplissent beaucoup avec peu. Voici ma critique à LA MATINALE de CIBL 101.5 FM.
Archives de Catégorie: Premier regard
TUKTUQ, territoire dramatique
Plus de 6 ans après l’intense À L’ORIGINE D’UN CRI, 2017 annonce le grand retour de Robin Aubert derrière la caméra. En attendant les zombies de son film LES AFFAMÉS, qui feront leur apparition quelque part à l’automne, voici TUKTUQ, 2e volet de la PENTALOGIE DES CONTINENTS débutée en 2009 avec À QUELLE HEURE LE TRAIN POUR NULLE PART.
COMBAT AU BOUT DE LA NUIT, tendre la caméra
Il n’y a pas une minute de trop parmi les 285 qui composent COMBAT AU BOUT DE LA NUIT, le documentaire fleuve du cinéaste québécois Sylvain L’Espérance. À hauteur d’hommes et de femmes, L’Espérance prouve que le cinéma direct à encore sa pertinence, surtout pour des situations aussi mouvantes que les dernières années en Grèce. Voici ma critique, le poing levé, de cette oeuvre résiliente à LA MATINALE sur les ondes de CIBL 101.5 FM.
CEUX QUI FONT LES RÉVOLUTIONS…, injecter le réel de fiction
Gagnant du meilleur film canadien au TIFF en septembre dernier, CEUX QUI FONT LES RÉVOLUTIONS À MOITIÉ N’ONT FAIT QUE SE CREUSER UN TOMBEAU de Mathieu Denis & Simon Lavoie s’installe enfin en ville. Brûlot cinématographique d’une audace rarement vue dans notre cinéma québécois, une chose est certaine, le film ne laissera personne indifférent. Voici ma critique à LA MATINALE de CIBL 101.5 FM.
PRANK, décomplexer notre regard
Pas facile de confectionner une comédie intelligente, surtout au Québec. Mission accomplie pour la belle gang de PRANK, dirigée par le cinéaste Vincent Biron. Fort de sa présence à la MOSTRA de Venise, le film arrive enfin sur nos écrans. Voici ma critique en ce matin d’automne sur les ondes de CIBL 101.5 FM.
AMERICAN HONEY, portrait américain
Comment ne pas être excité à la sortie du nouveau film de la cinéaste britannique Andrea Arnold? D’une constance exemplaire dans la qualité de ses œuvres, la réalisatrice de RED ROAD nous revient avec AMERICAN HONEY, un road movie tourné sur les routes du Midwest des États-Unis.
Ai-je été charmé autant que ces précédents WUTHERING HEIGHTS et FISH TANK? Voici ma critique à LA MATINALE de CIBL 101.5 FM.
LO AND BEHOLD, Herzog et les internets

C’est le 29 octobre 1969 dans la pièce 3420 de l’Institut de recherche de l’Université Stanford que la toute première connexion entre deux ordinateurs a eu lieu. Prémisse de ce qui deviendra quelques années plus tard notre internet et aussi du fascinant documentaire de Werner Herzog, LO AND BEHOLD – REVERIES OF THE CONNECTED WORLD.
En 10 chapitres, cet essai cinématographique du vétéran cinéaste allemand ratisse large et dans toutes les directions, à l’image de son sujet. S’il est impossible de traiter de tous les aspects d’internet en moins de deux heures, il faut dire que le réalisateur de GRIZZLY MAN montre tout son savoir-faire en gardant son principal objectif, démontrer notre grande vulnérabilité face à cet invention souvent hors de contrôle qui, paradoxalement, contrôle de plus en plus nos vies.
LOUIS-FERDINAND CÉLINE, l’épreuve cinématographique

Emmanuel Bourdieu est avant tout un homme de lettres. Scénariste chez Desplechin (avec lequel il a signé le savoureux CONTE DE NOËL) mais aussi chez Garcia et Corsini, ses mots ont également animé les planches de théâtre et des centaines de pages de romans. Il était donc logique de le voir s’attaquer au scélérat qu’est devenu avec le temps Louis-Ferdinand Céline.
Il faut déjà préciser que Bourdieu s’est intéressé à un épisode très précis et d’une courte durée dans la vie de l’auteur de VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT. Étrangement, il ne signe pas le scénario. Nous le devons plutôt à Marcia Romano, proche de Bourdieu depuis ses débuts, et qui a coécrit les trois plus récents films de Xavier Giannoli (dont l’excellent À L’ORIGINE). Nous nous retrouvons donc au Danemark en 1948, là où Céline s’est exilé pour fuir les accusations de collaboration avec les Nazis. Un jeune universitaire juif américain, Milton Hindus, vient rejoindre Céline, sa femme Lucette et leur chat Bébert (probablement celui qui s’en tire le mieux dans les interprétations) dans l’optique de rédiger un livre provenant de leurs échanges.
LES DEUX AMIS, l’amitié selon Louis Garrel

Devant la caméra de son père Philippe dès l’âge de 5 ans et baignant dans le monde des images depuis sa naissance, Louis Garrel est un véritable enfant du cinéma (notons aussi que sa mère est l’actrice et réalisatrice Brigitte Sy). Prenant son travail d’acteur très au sérieux, le filleul de Jean-Pierre Léaud a été chercher des outils pour améliorer son jeu au Conservatoire national, moment où sa carrière prenait vraiment son envol. S’il enchaîne les rôles depuis et qu’il a su se tailler une place de choix au sein du cinéma français, il ne faut pas se surprendre que par défi et envie, il soit passé derrière la caméra.
LA LOI DU MARCHÉ, l’exception Lindon

Dans le 6e long métrage de Stéphane Brizé, LA LOI DU MARCHÉ, il y a la consécration d’un acteur que nous savions doué et qui nous offre une performance parfaite. Vincent Lindon, couronné au Festival de Cannes en 2015 et aux César en 2016, montre à travers le personnage de Thierry, la palette complète des couleurs de son immense talent.
Troisième collaboration entre le cinéaste de MADEMOISELLE CHAMBON et le héros engagé de WELCOME, il y a une parfaite symbiose entre le réalisateur et son comédien. Brizé laisse toute la place à Lindon pour qu’il puisse développer dans les moindres petits détails, la force et la vulnérabilité de cet homme brisé par la réalité du monde du travail en France. Cette fiction à elle seule peut résumer ce qui se passe présentement chez nos cousins français, cette montée aux barricades que sont les nombreuses « nuit debout » et cette rage contre le système que plusieurs jeunes casseurs voudraient nous faire croire qu’ils représentent (mais qui grondent dans l’antre de beaucoup de salariés). S’il n’y a pas d’éclats dans LA LOI DU MARCHÉ, il y a beaucoup de violence, celle invisible qui gruge de l’intérieur des milliers de travailleurs qui réussissent à peine à joindre les deux bouts.
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