2025 – Mes 30 meilleurs films

Un peu comme un nostalgique, je reviens sur mes douze derniers mois de visionnement en fouillant dans mes souvenirs, pour tenter de trouver les œuvres qui m’habitent encore, même des mois après les avoir vues. De plus en plus, je cherche des longs métrages qui font du sens avec notre époque, qui en sont l’écho et parfois le miroir. Je ne cracherais jamais sur un bon divertissement, mais lorsque je rejoins des gens dans une salle obscure, j’aime l’idée que cette communauté spontanée puisse vivre quelque chose de profondément humain, qui nous transporte et nous transforme un peu avant que le générique apparaisse.

2025 aura très mal commencé, avec le décès d’un des plus grands cinéastes, un de mes favoris, David Lynch. Ce n’est pas une surprise que le réalisateur de BLUE VELVET trône au sommet des metteurs en scène dont j’ai vu le plus de films cette année (en égalité avec une belle découverte, Jem Cohen, un américain d’origine afghane basé à New York). Parti en même temps que les ravageurs feux de forêts en Californie, Lynch était libre, nous proposant un univers si singulier, si fascinant, si impénétrable. Il nous manquera énormément, mais heureusement nous pourrons replonger à volonté dans ses rêves et cauchemars éveillés.

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Fantasia 2019, un avant-goût

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Jour 1 du plus libre de tous les festivals de films montréalais, Fantasia continue d’attirer les foules, d’élargir sa palette de couleurs et de nous offrir des pépites qu’il nous serait impossible de découvrir autrement. Aussi bien dire qu’il est devenu indispensable dans le paysage culturel québécois.

Voici quelques titres (en cliquant sur chacun, vous accédez à la fiche dans le catalogue du festival) que j’ai eu la chance de voir avant le début du festival, question de vous orienter (ou pas) vers certains films.

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La rentrée internationale

L’automne arrive très bientôt avec son lot annuel de films de qualité, tous sur les blocs de départ pour la saison des statuettes dorées, qui débute en fin d’année.

Pour cette nouvelle chronique radio enregistrée le jeudi entre 8h30 et 9h30 à LA MATINALE de CIBL 101.5 FM, 4 incontournables qui prendront l’affiche dans les prochaines semaines, du très attendu BLADE RUNNER 2049 de Denis Villeneuve à l’élégant et mystérieux BARBARA de Mathieu Amalric.

I, DANIEL BLAKE, critique du néolibéralisme

À l’aube de l’élection prochaine d’Emmanuelle Macron, produit pur du néolibéralisme, I, DANIEL BLAKE de Ken Loach arrive juste à temps pour nous secouer un peu. Palme d’Or méritée au Festival de Cannes en 2016, ce drame du quotidien met en scène des gens invisibles dans nos sociétés de performance. Voici ma critique à LA MATINALE de CIBL 101.5 FM.

LE SALAIRE DE LA PEUR, mettre en scène le danger

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Au début du long métrage Le salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot, il y a la vie. À Las Piedras, ville fictive d’Amérique latine, le réalisateur français nous montre comment la population et les migrants allemands, américains et français cohabitent dans ce no man’s land où règnent la chaleur et un chaos contrôlé. Ensuite, il y a la mort, celle que transportent deux duos d’hommes dans leur camion plein de galons de nitroglycérine. Le tout nous donne un long métrage haletant d’un cinéaste au sommet de son art, capable de mettre en scène le danger en le domptant habilement.

Sorti en salles en 1953, Le salaire de la peur remportait alors l’Ours d’or au Festival de Berlin et la Palme d’or du Festival de Cannes (plus précisément le Grand prix du Festival international du film 1953, car la première Palme d’or fut décernée en 1955). Exploit exceptionnel désormais impossible, dû à l’exclusivité de chaque festival, Henri-Georges Clouzot s’attaquait à un grand succès en adaptant le roman du même titre de Georges Arnaud.

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La fille de DHEEPAN

Ce mauvais titre de critique est pleinement assumé, ayant pour seul but de comparer la Palme d’Or de Jacques Audiard, qui nous arrive enfin, avec le Grand prix du jury LE FILS DE SAUL, film exceptionnel du cinéaste hongrois László Nemes. Le coup de poing que nous avons reçu en début d’année, avec cette histoire de Sonderkommando tentant d’enterrer son soi-disant fils, allait-il vraiment être surpassé par le récit de ces trois réfugiés tamouls prétendant être une famille?

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Et aussi 9 nominations aux César 2106

Sans être supérieure, la première moitié de DHEEPAN est aussi réussie que celle de LE FILS DE SAUL. Contrairement à ses œuvres précédentes dans lesquels nous étions rapidement impliqués envers ses personnages (UN PROPHÈTE étant le meilleur exemple), Audiard développe habilement la psychologie de chacun d’eux et laisse les liens entre eux se tisser lentement, comme si la plaie de leur exil se refermait au fil du temps.

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TAXI DRIVER, plus pertinent que jamais

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Il y a 40 ans sortait en salles le percutant TAXI DRIVER de Martin Scorsese. Bon moment pour revenir sur l’importance de ce film et surtout sa pertinence, encore et peut-être davantage aujourd’hui.

Écrit par le scénariste Paul Schrader (et basé sur un vrai wannabe assassin qui avait fait les manchettes en 1970, Arthur Bremer), c’est le cinéaste Robert Mulligan (TO KILL A MOCKINGBIRD) qui devait au départ réalisé et c’est Jeff Bridges qui allait devenir Travis Bickle. Heureusement pour nous, Schrader a insisté pour que Scorsese se retrouve derrière la caméra et que Robert De Niro prenne les traits du vétéran de la Marine Bickle.

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