ET DIEU…CRÉA LA FEMME, le chemin parcouru

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Il y a des œuvres cinématographiques dont les effets qu’ils ont provoqués transcendent leurs images et l’histoire qu’elles racontent. C’est le cas d’ET DIEU…CRÉA LA FEMME de Roger Vadim, mettant en vedette Brigitte Bardot, jugé alors comme un film sulfureux aux mœurs légères. Sensuelle et épris de liberté, Bardot joue une jeune femme orpheline, Juliette, qui rêve simplement de profiter de la vie et d’être heureuse. En 1956, ce premier long métrage de Vadim lancera le mythe de sa femme aux initiales célèbres, B.B., tout en pressentant la libération sexuelle à venir qui sera confirmé environ 10 ans plus tard en France par la légalisation de la pilule.

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LA PLAYA D.C., poursuivre le combat

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Après avoir transporté sur son dos toute la journée de lourdes poches de patates, Tomás enlève ses vêtements de travail pour enfiler son jeans, son t-shirt et son hoodie. Avant de quitter, il sort deux feutres de son sac et nous voyons devant lui une fresque inachevée de ses multiples dessins sur une courtepointe de sacs en papier. Tomás y ajoute des vagues bleues. Ensuite, il marche longtemps à travers des champs pour se trouver un coin tranquille et y poursuivre ses esquisses. Le titre apparaît sur fond noir.

Dans cette introduction de son premier long métrage, Juan Andrés Arango annonce les couleurs de son film et du coup, celle de son personnage central Tomás. Sans que le lieu nous soit annoncé, nous le suivons dans le quartier LA PLAYA D.C. à Bogota. Ce jeune afro-colombien aux talents artistiques indéniables tentera à l’aide de son frère ainé Chaco, qui revient d’une tentative d’immigrer illégalement au Canada, de retrouver le cadet Jairo, embourbé dans ses dettes liées à sa consommation de crack.

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CAMION, prendre son temps

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Si certains réalisateurs obtiennent beaucoup d’attention dès leur premier film, d’autres développent tranquillement leur art. Comme des artisans, ils peaufinent leur technique en tournant le plus souvent possible, souvent avec des moyens réduits (LE CÈDRE PENCHÉ, DERRIÈRE MOI et NEW DENMARK), sachant que la route vers la reconnaissance est parfois longue et sinueuse. C’est avec son quatrième long métrage que Rafaël Ouellet a montré aux yeux du monde tout son savoir-faire, son CAMION est une œuvre mature, forte et pleine de lumière. Les prix de la mise en scène et œcuménique au Festival de Karlovy Vary en 2012 l’ont confirmés.

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UNE COLONIE, défricher le territoire

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Pour un critique de cinéma, il y a quelque chose de rassurant en voyant UNE COLONIE, l’excellent premier long métrage de fiction de Geneviève Dulude-De Celles. C’est de savoir qu’il y a encore des territoires narratifs à défricher, des sensibilités nouvelles pour explorer des thématiques qui peuvent parfois sembler usées. Depuis plus de 120 ans, les codes cinématographiques et les points de vue sont majoritairement masculins, provocant des automatismes dans notre réception et notre interprétation de ces films. Sans vouloir ouvrir le débat sur la parité, c’est réjouissant de voir l’arrivée de jeunes réalisatrices comme Dulude-De Celles et autres Sophie Bédard Marcotte (CLAIRE L’HIVER), qui nous obligent comme spectateur à nous ouvrir à de nouveaux horizons, à les suivre dans leurs explorations de cet art qui ne demande qu’à être réinventé, encore et encore.

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IMPETUS, le grand pas en avant

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Créer, ce geste de puiser en soi, d’y trouver matière à construire des bouts de réel aussi fictifs soient-ils, de jouer avec les frontières et les codes d’un art centenaire, de prendre le temps nécessaire pour que toutes ces images sonores s’apprivoisent entre elles, deviennent un ensemble cohérent et harmonieux. Et ensuite, le grand vertige, partager ce travail, cette composition d’élans et de doutes, où les moments de grandes solitudes ont côtoyé des précieux instants de complicité. Étendre sur la grande toile blanche cette lumière intime, qui prend vie une seconde fois (où est-ce la première?) dans les yeux curieux des spectateurs.

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CARCASSES, collision frontale entre le réel et la fiction

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Denis Côté l’a souvent affirmé, CARCASSES est son film préféré parmi toutes ses réalisations. Son 4e long métrage est arrivé tout de suite après ELLE VEUT LE CHAOS, œuvre que le cinéaste voulait plus grand public mais qui en a laissé plusieurs dubitatifs. En grande partie en réaction, mais aussi par amour du cinéma, Côté propose alors un véritable ovni cinématographique, dans lequel la fiction happe le réel sans trop crier gare.

CARCASSES c’est avant tout un lieu, un immense cimetière à aire ouverte de bagnoles qui agonisent au soleil. Sans pouvoir nous situer au cœur de ce décor aux allures post-apocalyptiques, nous y découvrons Jean-Paul Colmor toujours occupé à démembrer ses carrosseries tel un docteur Frankenstein. Le vieil homme vif et efficace semble être prisonnier de sa propre ambition, cette idée folle de tout vouloir conserver, comme s’il savait l’arrivée d’un drame prochain que nous ignorons encore. Mais plutôt que de nous faire un portrait humain et chaleureux de ce charmant monsieur atypique, Côté explore davantage l’univers dans lequel il évolue pour mieux en cerner sa singularité.

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APRÈS LA NEIGE, chacun son métier

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Certaines personnes excellent rapidement dans un domaine spécifique, enchaînant les projets et les éloges au même rythme. Puis un jour, par manque de défi ou simplement pour réaliser un vieux rêve, ils décident de s’essayer à un poste différent. Tel est le cas de Paul Barbeau, producteur émérite de Reprise films et de la défunte boîte NúFilms. APRÈS LA NEIGE est son premier film comme réalisateur, comme scénariste et comme acteur (en plus de le produire). Trop de chapeaux sur une seule tête? Poser la question c’est définitivement y répondre.

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