ANNA, usine de recyclage

ANNA de Luc Besson ⭐1/2

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Il y a eu Anne Parillaud, Milla Jovovich et Scarlett Johansson, au tour maintenant de la mannequin russe Sasha Luss d’entrer dans l’univers fantasmé du réalisateur Luc Besson. Son 18e long métrage s’intitule simplement ANNA, prénom en palindrome pour ce film qui multiplie inutilement les sauts dans le temps, du début à la fin.

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DOGMAN, ne pas lâcher le morceau

DOGMAN de Matteo Garrone ⭐⭐⭐1/2

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Il y a dans l’histoire du cinéma italien, des performances d’acteurs et d’actrices qui transcendent l’oeuvre dans laquelle ils ou elles jouent. Comme si le scénario, les décors, toute la mise en scène, les autres comédiens et comédiennes, et même la musique, étaient là pour que la performance de l’un d’entre eux puisse s’élever au-dessus du lot, pour nous rendre témoin d’un moment de grâce dans la vie de cette personne, en pleine possession de ses moyens, capable d’être en parfaite cohésion avec son personnage, lui offrant même une humanité bien au-delà de celle écrite par le scénariste.

Que l’on pense à Marcello Mastroianni, plus grand que nature dans  HUIT ET DEMI de Federico Fellini; Monica Vitti, bouleversante dans LE DÉSERT ROUGE de Michelangelo Antonioni; ou encore Roberto Benigni dans son sublime LA VITA È BELLA. Je pourrais poursuivre cette énumération longtemps. Il faudra désormais y ajouter le nom de Marcello Fonte, géant dans le DOGMAN de Matteo Garrone.

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LA FEMME DE MON FRÈRE, filiation

LA FEMME DE MON FRÈRE de Monia Chokri ⭐⭐⭐

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Auréolé du prix Coup de cœur de la section Un Certain Regard au plus récent Festival de Cannes,  LA FEMME DE MON FRÈRE,  premier long métrage de Monia Chokri, arrive rapidement sur nos écrans après son acclamation sur la Croisette.

Belle idée que de profiter de cet élan, surtout pour mettre un peu de couleurs dans ce printemps si gris. Ce film propose une thématique peut souvent explorée dans notre cinématographie, soit la relation entre une sœur et son frère, sujet pourtant riche narrativement. Il y a bien eu récemment le tumultueux EMBRASSE-MOI COMME TU M’AIMES d’André Forcier, ou dans la dernière décennie INCENDIES de Denis Villeneuve et EN TERRAINS CONNUS de Stéphane Lafleur (malgré que chez ces deux derniers titres, le lien de filiation n’était pas nécessairement le centre d’intérêt), il faut reconnaître que c’est davantage dans un contexte familial que sont représentés ces liens fraternels dans le cinéma québécois (LÉOLO de Jean-Claude Lauzon et LES PLOUFFE de Gilles Carle en sont d’excellents exemples).

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LA PLAYA D.C., poursuivre le combat

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Après avoir transporté sur son dos toute la journée de lourdes poches de patates, Tomás enlève ses vêtements de travail pour enfiler son jeans, son t-shirt et son hoodie. Avant de quitter, il sort deux feutres de son sac et nous voyons devant lui une fresque inachevée de ses multiples dessins sur une courtepointe de sacs en papier. Tomás y ajoute des vagues bleues. Ensuite, il marche longtemps à travers des champs pour se trouver un coin tranquille et y poursuivre ses esquisses. Le titre apparaît sur fond noir.

Dans cette introduction de son premier long métrage, Juan Andrés Arango annonce les couleurs de son film et du coup, celle de son personnage central Tomás. Sans que le lieu nous soit annoncé, nous le suivons dans le quartier LA PLAYA D.C. à Bogota. Ce jeune afro-colombien aux talents artistiques indéniables tentera à l’aide de son frère ainé Chaco, qui revient d’une tentative d’immigrer illégalement au Canada, de retrouver le cadet Jairo, embourbé dans ses dettes liées à sa consommation de crack.

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UNE COLONIE, défricher le territoire

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Pour un critique de cinéma, il y a quelque chose de rassurant en voyant UNE COLONIE, l’excellent premier long métrage de fiction de Geneviève Dulude-De Celles. C’est de savoir qu’il y a encore des territoires narratifs à défricher, des sensibilités nouvelles pour explorer des thématiques qui peuvent parfois sembler usées. Depuis plus de 120 ans, les codes cinématographiques et les points de vue sont majoritairement masculins, provocant des automatismes dans notre réception et notre interprétation de ces films. Sans vouloir ouvrir le débat sur la parité, c’est réjouissant de voir l’arrivée de jeunes réalisatrices comme Dulude-De Celles et autres Sophie Bédard Marcotte (CLAIRE L’HIVER), qui nous obligent comme spectateur à nous ouvrir à de nouveaux horizons, à les suivre dans leurs explorations de cet art qui ne demande qu’à être réinventé, encore et encore.

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IMPETUS, le grand pas en avant

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Créer, ce geste de puiser en soi, d’y trouver matière à construire des bouts de réel aussi fictifs soient-ils, de jouer avec les frontières et les codes d’un art centenaire, de prendre le temps nécessaire pour que toutes ces images sonores s’apprivoisent entre elles, deviennent un ensemble cohérent et harmonieux. Et ensuite, le grand vertige, partager ce travail, cette composition d’élans et de doutes, où les moments de grandes solitudes ont côtoyé des précieux instants de complicité. Étendre sur la grande toile blanche cette lumière intime, qui prend vie une seconde fois (où est-ce la première?) dans les yeux curieux des spectateurs.

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APRÈS LA NEIGE, chacun son métier

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Certaines personnes excellent rapidement dans un domaine spécifique, enchaînant les projets et les éloges au même rythme. Puis un jour, par manque de défi ou simplement pour réaliser un vieux rêve, ils décident de s’essayer à un poste différent. Tel est le cas de Paul Barbeau, producteur émérite de Reprise films et de la défunte boîte NúFilms. APRÈS LA NEIGE est son premier film comme réalisateur, comme scénariste et comme acteur (en plus de le produire). Trop de chapeaux sur une seule tête? Poser la question c’est définitivement y répondre.

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